Le passage du temps

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Chiens errants: Manoir Cannington
description

«Pour soulever quelque objection que ce soit contre ce que j’appelle une "vérité en évolution" --et je désigne par cette dernière l’impérialisme américain--, les Canadiens doivent connaître leur histoire», affirme McConnell. «Mes oeuvres sont toutes jusqu’à un certain point fondées sur l’histoire, et cette histoire a principalement à voir avec la colonisation au Canada. » (Linklater, 2004).

McConnell travaille principalement avec de la peinture acrylique sur du bois, et c’est en général du rude contreplaqué. Il revisite des événements de l’histoire officielle canadienne depuis sa propre perspective critique et imaginative. Il trouve ses sujets dans les images de vieux manuels ou magazines, dans les livres sur la nature et les photos d’archives. Il se décrit comme un artiste intéressé à l’histoire qui croit que l’art devrait être inspiré par notre expérience. Il n’est toutefois pas intéressé à recréer des scènes du passé. Il préfère explorer des vues ou opinions autres que celles qui sont considérées comme faisant partie de l’histoire officielle. L’une des expositions de McConnell en tournée canadienne était intitulée Tales of Dominion, (Contes de la Confédération), le mot «contes» impliquant que l’histoire est une fiction modelée par les interprétations d’historiens devant les documents et images qui constituent le registre historique.

Dans sa peinture Chiens errants: Manoir Cannington, McConnell examine un aspect intéressant de l’histoire de la Saskatchewan qu’on nomme colonisation par bloc ethnique (bloc settlement). Pour plusieurs groupes ehtniques ou ethno-religieux, particulièrement en Europe, les grandes Prairies canadiennes offraient des occasions de laisser derrière soi la discrimination ethnique ou la persécution religieuse. L’Ouest offrait également la possibilité d’améliorer sa vie économique, ainsi que la chance d’expérimenter avec différentes idées concernant les concepts de communauté et d’organisation sociale. Beaucoup de ces colonisations et expériences communautaires ont eu lieu en Saskatchewan.

Cannington Manor était une tentative de reproduire la vie bourgeoise de l’Angleterre impériale dans le sud-est de la Saskatchewan. Le manoir a été établi en 1882 par un Anglais, le Capitaine Edward Pierce, au sud de la ligne de chemin de fer Canadien Pacifique, qui était alors en construction dans les Prairies. Pierce avait l’intention d’établir une communauté aristocratique – une mini-société Victorienne – qui offrirait la plupart des avantages de la vie anglaise, mais peu de ses inconvénients, et qui coûteraît beaucoup moins cher.

Vers le milieu des année 1890, plus de 200 personnes vivaient à Cannington Manor. Toutefois, les efforts de Pierce pour attirer des étudiants à son collège d’agriculture ne résultèrent qu’en l’arrivée de remittance men (fils de riches familles britanniques qui étaient incapables de conserver un emploi en Angleterre). Souvent considérés comme des brebis galeuses par leur famille, ils vivaient de l’argent – des versements (remittances) – qui leur étaient envoyés par leurs parents. La plupart d’entre eux étaient plus intéressés au tennis, aux thés de l’après-midi et à la chasse au renard qu’à gagner leur vie. Cette communauté finit par se désintégrer lorsque les lignes de chemin de fer furent établies trop loin de Cannington Manor, afin de desservir les villages environnants. Cannington Manor est désormais un parc historique.

HomesteadDans Chiens errants: Manoir Cannington, McConnell nous donne sa perspective sur cette expérience de vie communautaire. La vision de McConnell n’est pas un regard idéalisé sur le passé. Le mot «errant» du titre de l’oeuvre peut être défini comme «en voyage» ou «dépassant des frontières appropriées». Ces deux sens s’appliquent ici, puisque et les chasseurs de renards et leurs chiens ont été transplantés d’un autre pays. Plusieurs des chasseurs de renards ont été envoyés au Canada parce que c’étaient des rêveurs ou des fauteurs de troubles qui causaient à leurs familles un embarras considérable.

La peinture de McConnell se situe quelque part entre la représentation et l’abstraction. Ce faisant, McConnell en arrive à recréer des images littérales du passé historique, et en même temps à appliquer sa propre interprétation métaphorique aux documents historiques. En avant-plan de la peinture, on voit des chiens errants courir dans toutes les directions, ce qui suggère une chasse au renard, et peut-être aussi les manques des jeunes colons qui ont accéléré la fin de cette communauté. La cabane d’un colon est à peine visible en arrière-plan, un effet qui va à l’opposé de l’approche historique traditionnelle mettant l’accent sur les efforts héroïques des pionniers pour établir des homesteads et préparer la terre pour l’agriculture.

Au milieu de la peinture flotte une apparition du lion des armoiries britanniques, une possible allusion à l’arrogance de cette époque, comme ce dicton le prouve: “The sun never sets on the British Empire.’’ (Le soleil ne se couche jamais sur l’empire britannique) Toutefois, le sujet choisi par McConnell suggère que bien que les gens déménagent pour commencer une nouvelle vie ailleurs, ils apportent avec eux leurs bagages de manques. McConnell a utilisé les faits historiques comme point de départ de son propre commentaire sur la société de même que pour ses reconstructions imaginatives du passé.

additional resources Errant Dogs, Cannington Manor
Duration: 2:16 min
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Expérience après l’école secondaire
Duration: 1:56 min
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Influences artistiques
Duration: 1:47 min
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Influences pendant son enfance
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Méthodes de travail
Duration: 2:11 min
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Matière à réflexion
  • Le récit standard de l’époque de la colonisation en Saskatchewan montre les colons comme des pionniers robustes qui bravent les éléments pour construire leurs modestes maisons et accomplissent le travail éreintant requis pour cultiver la terre. Comment Chiens errants, Manoir Cannington remet-elle en question cette description?
  • Les Autochtones canadiens chassent dans ce qui est désormais la Saskatchewan depuis des milliers d’années, et la chasse est toujours une activité commune pour eux. La peinture de McConnell dépeignant une chasse chaotique suggère-t-elle quelque chose de différent à Cannington Manor?
  • Pensez à une communauté de votre région qui aurait été abandonnée ou qui s’éteint doucement. Quels événements dans son histoire auraient pu contribuer à son déclin? Comment dépeindriez-vous visuellement ces événements?
  • McConnell ne se contente pas de répéter la version populaire ou acceptée des événements dans ses peintures. Pensez à un événement historique sur lequel vous effectuerez de la recherche pour en trouver un compte rendu dans un manuel ou un livre d’histoire. Durant votre lecture, des questions vous viennent-elles à l’esprit? Comment répondriez-vous à ces questions?
  • Références

    (anglais) Anderson, Jack. ‘Contemplative character of still life exhibited.’ Regina Leader Post, 21 février 2002.

    (anglais) Beattie, Gregg. ‘Painting the Political.’ Prairie Dog, 21 février 2002.

    (anglais) Beattie, Gregg. ‘Revisionist history.’ What’s On, Regina, Saskatchewan, sans date.

    (anglais) Linklater, Kristin. ‘Grant McConnell.’ Galleries West, Fall/Winter, 2004.

    (anglais) Meyers, Pat. ‘River Dance.’ Legacy Magazine, Fall, 1998. Capté d’Internet le 4 avril 2008 from Alberta Heritage: http://www.regina.worldweb.com/Regina/Departments/ExhibitionReviews//6-107653.html.

    (anglais) Richmond, Cindy. ‘Recalling the Thread of Life,’ dans le catalogue d’exposition pour Memory in Place. MacKenzie Art Gallery, Regina, Saskatchewan,1989.

    (anglais) Smith, Steven Ross. ‘Saskatchewan: Grant McConnell: Selections from Time and Place.’ Galleries West, sans date. Capté d