Le passage du temps

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Sajoi
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description

Anagama KilnLe projet L’Agamine commence par le désir qu’éprouve Farrero de construire et de chauffer un four à bois Anagama. Ce type de four est très apprécié au Japon en raison des glaçures imprévisibles qui se produisent pendant la cuisson. En visite au Japon en 1978, Farrero observe le four en action et sait immédiatement qu’il veut s’en construire un en Saskatchewan. Son four est le fruit de plusieurs années de recherche et d’heures de labeur physique. Après de nombreux essais, Farrero le chauffe pour la première fois en 2003.

Sajoi, qui fait partie de la collection de la MacKenzie Art Gallery a été cuit dans ce four anagama. Cette pièce austère est un récipient sphérique voluptueux. Son col mène à une petite ouverture au haut du pot. En le faisant, Farrero a essayé de reproduire les pots traditionnels qu’il avait admirés au Japon. Il paie tribut à un artiste du nom de Fujiwara Kei qui, en raison de son expertise dans le domaine de la céramique, est considéré comme un des trésors culturels vivants du pays. Comme le déclare Tim Long, conservateur à la MacKenzie Art Gallery, « Farrero a soulevé un pot dans l’atelier de son hôte et a été surpris par son poids substantiel, ce qui remet en question l’idée qu’une céramique doit nécessairement être légère. » (Long, 2006)

Sajoi, avec son fini non embelli, pourrait être aussi un tribut à Bernard Leach, le potier britannique qui, dans les années 1920, étudia les méthodes et le style japonais. Le critique Jack Anderson dit de Leach, qu’ «il se fit le champion non seulement des méthodes simples de la poterie japonaise traditionnelle mais aussi de l’esthétique japonais avec ses formes d’une simplicité trompeuse et souvent utilitaires et ses glaçures organiques qui évoquent la simplicité, les processus naturels, les défauts et l’éthos de ce qui est fait à la main.» (Anderson, 2005)

L’extérieur de Sajoi donne un fini extraordinaire à la forme simple du pot. Il semble se composer de plusieurs couches de glaçures couleur terre, par endroits si épaisses qu’elles coulent sur les côtés. C’est en fait ce qui s’est passé pendant la cuisson qui a duré cinq jours. La cendre, les flames et le movement de l’air dans le four ont crée spontanément les finis décoratifs mais imprévus sur les pots à nu. L’artiste foit le four comme un «collaborateur», un collègue dans le fastidieux procédé de cuisson. Tim Long déclare que « les céramiques anagama documentent deux performances: celle du potier avec l’argile et celle du feu qui danse à la surface.»(Long 2006)

La chauffe de ce four a une signification historique parce que les méthodes employées sont anciennes et jouent un rôle important dans le développement de la céramique. Tim Long d’ajouter, pour expliquer l’exclusivité du four, que «le terme ana-gama (litéralement “ four-cave”) fait référence au four en forme de tunnel d’origine chinoise et qui fait son apparition au Japon au 5e siècle. Ces fours à l’architecture innovatrice étaient souvent construits dans le flanc des collines pour permettre une forte circulation ascendante et obtenir des températures assez élevées pour obtenir l’émail de cendre. » (Long 2006) Pour voir le four de Farrero: http://www.farrero.ca/agaweb/fagakc.htm

Farrero a construit un four assez grand pour inclure les céramiques des autres artistes qui l’ont aidé pendant les cinq jours sans interruption qu’a duré la chauffe. Tim Long cite Mel Bolen, un céramiste qui a participé à l’aventure. Pour lui, « c’était une expérience où on rit, on pleure, on crie et on sue tous ensemble.» (Long, 2005) Farrero veut aussi intéresser et encourager les jeunes artisans à explorer diverses méthodes de cuisson et, du coup, espère bâtir une plus importante communauté de céramistes dans la province.

Autres renseignements sur le four

Le four Anagama lui-même est fait de plus de 5000 briques et peut contenir jusqu’à 50 pieds cubiques de céramiques. Le chargement du four est un processus sélectif car certains endroits sont meilleurs que d’autres pour l’accumulation des cendres sur les surfaces des céramiques. Il faut deux jours pour le charger. Ensuite, il va chauffer pendant près de 120 heures et consommer près de neuf cordes de bois.

Le critique Jack Anderson décrit le four ainsi: « C’est un four en brique au toit en pente creusé sous terre ou dans le versant d’une colline. Chauffé au bois plutôt qu’à l’électricité ou au gaz naturel, plus facilement disponibles et contrôlables, il demande un travail intensif. Il est difficile de prédire les textures et les couleurs qui vont en ressortir. » (Anderson, 2005) Les cendres, les flammes et le mouvement de l’air dans le four créent les décorations des pots pendant cinq jours. L’artiste façonne le pot mais la nature, la science, le temps et l’inconnu décorent les surfaces.

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Matière à réflexion
  • Le conservateur Tim Long cite Henry Trubner dans son essai sur L‘Agamine: Portrait of an Anagama Kiln in Saskatchewan pour expliquer ce qui se passe dans le four: « En raison des effets inattendus de la glaçure, les pots semblent avoir été créés par des forces naturelles plutôt que par un artisan, ce qui fait qu’ils sont très recherchés pour les cérémonies du thé au Japon. (Long 2005) Faites des recherches sur les origines de la cérémonie du thé au Japon et sur l’importance qu’y joue la poterie. Discutez-en avec vos enseignants et vos camarades de classe. Pour aider dans vos recherches, consultez les sites suivants :
  • Faites des recherches sur les différents types de four utilisés pour la poterie. Pourquoi est-ce qu’un potier choisirait de construire son propre four et passer cinq jours à le chauffer alors qu’il existe déjà des fours à gaz beaucoup plus pratiques? Pour vous aider dans vos recherches, consultez les sites suivants:
  • Dans une réflexion d’artiste en 1986, Farrero déclare : « Je ne voulais pas faire quelque chose de représentatif. Il n’y a aucun message, aucune direction dans mon oeuvre. Je veux simplement voir ce que je peux faire quand j’assemble des morceaux d’argile. » (Zimmer, 1986) Aimez-vous travailler de cette façon ou préférez-vous avoir un plan ou un message? Peut-on dire qu’il travaille l’argile d’une manière intuitive?
  • «. ...En employant des objets de consommation jetables et un peu kitsch, Farrero s’interroge sur les limitations de ce que qu’on appelle « le grand art » (Anderson, 1999) À votre avis, que veut dire ici Anderson?
  • Anderson déclare: « … Nous trouvons une forme d’érotisme sous la surface de nombre de ses céramiques. » (Anderson, 1999). Êtes-vous d’accord ?
  • Réfléchissez au coût des objets faits main et discutez-en avec vos enseignants et vos camarades. Qu’est-ce qui rentre dans la fabrication d’un objet fait main? Quels sont les coûts évidents et les coûts caches? Wayne Morgan déclare que « [le collectionneur Richard Spafford] s’est vite rendu compte que les antiquités se vendaient mieux que l’artisanat.» (Morgan, 2007) Pourquoi est-ce le cas, selon vous?
  • BoatWayne Morgan déclare: « La réaction à l’argile en tant que médium artistique semble refléter la forte tradition démocratique de la Saskatchewan. L’argile a l’air moins prétentieux, moins intimidant; il a des liens très forts avec la fonction et requiert clairement beaucoup de travail Au niveau viscéral, il est lié à la terre et aux éléments. » (Morgan, 2007) Qu’est-ce que cette déclaration révèle ? Pensez-vous que faire de l’art peut demander beaucoup de travail? Est-ce que cela devrait être le cas?
  • Farrero fait des jeux de mots quand il nomme ses céramiques? Sachant cela, que veulent dire L’Agamine et Sajoi ? Commencez par Googgler ces mots!
  • Qu’est-ce que le Dieu du Four? Pourquoi les potiers mentionnent-ils son nom chaque fois qu’ils chauffent un four ? http://www.city.seto.aichi.jp/ceramics/fra/kankoevents.htm
Références

(anglais) Anderson Jack. ‘Exhibition Displays Uniqueness of Artists.’ Regina Leader Post, 2 novembre 2005.

(anglais) Anderson ,Jack. ‘An Interesting Mix of Approaches to Clay.’ Regina Leader Post, March 25, 1999.

(anglais) Long, Timothy. L’Agamine. Exhibition catalogue. MacKenzie Art Gallery, Regina, Saskatchewan, 2005.

(anglais) Saskatchewan Craft Council. Expo 04. Exhibition, 2004.

(anglais) Zimmer, Christopher. New Canadian Sculptural Ceramics. Exhibition catalogue. Art Gallery of Nova Scotia, Halifax, Nova Scotia, 1986.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning