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Suite de Boîtes Oreillers
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description

Le journaliste Greg Beatty explique cette oeuvre de Favell ainsi :«Dans Boîtes oreillers 1-3 (1999), Rosalie Favell présente trois caissons lumineux incorporant des images vidéo de la série Xena, princesse guerrière. Nées de la fascination de Favell pour le message lesbien à double entente, les boîtes, consistant en une image centrale granuleuse bordée de bandes d’imprimés plus petits, offrent une méditation sensuelle sur le désir» (Beatty, 2000)

Lee-Ann Martin décrit ainsi l’oeuvre de Favell présentée à l’exposition Exposed: Aesthetics of Aboriginal Erotic Art :

« L’imagination de Rosalie Favell se concentre sur Xéna, déesse guerrière d’un programme télévisé populaire dans sa série Boîtes oreillers. Les photos de l’écran télé qu’a prises Favell dépeignent un épisode de la série dans lequel une guerrière asiatique montre à Xéna comment maîtriser sa colère afin de découvrir sa bonté intérieure. Elle capte des moments intimes de la production originale et investit les images avec ses propres interprétations de l’érotique. Le toucher des mains, des bouches et des corps—et l’anticipation de la caresse—définit et éveille les désirs. L’image centrale est répétée comme bordure, encadrant et renforçant ces désirs intimes (trad.)». (Martin, 1999)

L’oeuvre de Favell n’est pas aussi explicite que l’art érotique; elle ne fait que suggérer les petits gestes qui déclenchent l’intimité ou y mènent. Nous ne savons pas qui sont les personne représentées, mais les actions parlent pour elles-mêmes en narrant de doux moments intimes.

L’idée d’un récit est suggérée dans la présentation du triptyque et par la référence à la télévision. La télévision, dans la société contemporaine, est souvent utilisée pour raconter des histoires, les histoires ayant été une source d’inspiration et de renouveau pour de nombreuses générations d’Aborigènes.

Dans cette oeuvre, l’artiste rend hommage aux femmes fortes de la culture populaire. Favell trouve son inspiration dans les histoires contemporaines créées pour l’industrie du spectacle; elle devient ces personnages et se présente comme une guerrière aborigène, une artiste et une héroÑ—ne. Le journaliste Barry Ace observe à ce propos : «La force des femmes, leur ténacité et leur valeur intrinsèque sont au premier plan de la série Guerrières artistes des Plaines (Plain(s) Warrior Artists). Favell insère sans vergogne son visage, de même qu’elle insère celui de femmes fortes de sa famille, dans des portraits de personnages mythiques comme le duo chargé d’énergie sexuelle de Xena et Gabrielle, la puissante reine Amidala de la Guerre des étoiles, la douce et maternelle Vierge Marie, et la brave Dorothy du film américain Le magicien d’Oz. Rien n’est tabou. Trad.» (Ace, 2007) Le fait que Favell se situe dans des histoires traditionnelles permet au spectateur d’interrroger le passé et d’aller de l’avant avec de nouvelles idées liées à la culture et à la société.

Le titre La suite boîtes oreillers suggère une contradiction : les oreillers sont habituellement doux, alors que les boîtes sont dures et ne cèdent pas au contact. L’oreiller évoque une surface sur laquelle on peut déposer quelque chose, et dans le cas de Favell cela pourrait suggérer un autre être humain. L’oreiller est utilisé pour le confort et suggère un endroit personnel de rêves et d’intimité. La boîte elle-même ressemble à une télévision; elle irradie de la lumière, et le cadre suggéré par la bordure d’images centrales répétées ressemble à celui qu’on voyait sur les télévisions avant l’avènement des télés à écran plat. Les images que Favell déploie sont dérivées de programmes télévisés.

Dans cette oeuvre, Favell fait peut-être un commentaire sur la dépendance de la société à la technologie pour la création d’une intimité : regarder la télé peut être un substitut pour la vraie vie, ou pour l’expérience d’une aventure directe. Le mot «suite» peut être associé à la technologie en tant qu’ensemble de logiciels -- où un ensemble de programmes fonctionne comme un seul programme-- ou encore à la musique et à la danse --où un ensemble d’oeuvres sont produites pour offrir une expérience unique. C’est ce qu’accomplissent toutes les images de Favell dans la collection présentée ici.

additional resources Matière à réflexion
  • Pensez à des idées liées à la féminité, à la sexualité et aux attentes quant à la féminité ou à la virilité. (vos attentes, les attentes de la société, etc.) et discutez-les avec vos amis, votre famille, et vos camarades de classe. Comment les idées ont-elles évolué depuis l’époque de vos parents ou grands-parents? Le milieu du travail est-il plus ouvert quant aux emplois traditionnellement masculins ou féminins? Comment le féminisme a-t-il modifié la manière dont les choses se font dans le monde? Quelles améliorations pourraient encore être faites?
  • Qu’est-ce qu’un alter ego? Croyez-vous posséder un autre côté à votre personnalité qui serait différent de ce que la plupart des gens connaissent de vous? Pensez à des personnalités médiatiques dont les alter egos ont été révélés. La commissaire d’exposition Lee-Ann Martin écrit : «En utilisant des images et des technologies de la culture populaire - comme Xena, la guerrière imaginaire présentée à la télé - Rosalie Favell explore le désir d’intimité et la nostalgie des relations. (trad.) » (Martin, 1999) Discutez les relations personnelles et les changements dans les rituels du contact et de la cour, ce qui était traditionnellement accepté et pratiqué autrefois, et ce qui l’est aujourd’hui.
  • Favell ne touche pas à la politique dans son œuvre; elle ne parle pas non des relations passées entre les Autochtones et les Européens à la culture dominante, relations qui ont été source de ressentiment. Faites des recherches sur l’évolution du Canada. Lisez par exemple le site Web de Canada History (en anglais) : http://www.canadahistory.com/ pour en savoir plus. Selon vous, pourquoi Favell a-t-elle choisi de ne pas parler de ces relations dans son œuvre?
Références

(anglais) Ace, Barry. Collecting Many Worlds.  Catalogue d’exposition.  The Winnipeg Art Gallery, Winnipeg, Manitoba, 2003.

(anglais) Ace, Barry.  Rituals of Collecting and Transformation: The Artistic Journeys of Rosalie Favell.’  Blackflash Magazine, Vol. 24:3 2007, pp13–24.

(anglais) Beatty, Greg.  ‘Exposed: Aesthetics of Aboriginal Erotic Art.’  Artichoke, Spring 2000.

(anglais) Berens, Keith.  Rosalie Favell: Portraits of a Young Artist.  Catalogue d’exposition.  Winnipeg Art Gallery, Winnipeg, Manitoba, 1996.

(anglais) Bovey, Patricia.  Rosalie Favell: I Searched Many Worlds. Préface du directeur.  Catalogue d’exposition. The Winnipeg Art Gallery, Winnipeg, Manitoba, 2003.

(anglais) Euteneier, Anita.  ‘Takes on Time.’  Arts Watch, Ottawa. 2000.

(anglais) Martin, Lee-Ann.  Exposed: Aesthetics of Aboriginal Erotic Art.  Catalogue d’exposition. MacKenzie Art Gallery, Regina, Saskatchewan, 1999.

(anglais) Tobin, Fredrick. Girl guides Boy Scouts: Navigating by our Grandmothers.   Catalogue d’exposition.  B-312 Gallery, Montreal, Quebec, 2000.

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