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L’espace Entre les Colonnes (Bleu)
description

Dans une entrevue qu’il donne en 1984, Shadbolt parle du «point de départ » qu’il doit trouver pour commencer un tableau. « Je peux commencer n’importe où, déclare-t-il. Le point de départ peut est très banal : je vois quelqu’un dans un chandail rouge et, tout à coup, je ne pense qu’à peindre du rouge. »

Shadbolt a évidemment le bleu à l’esprit quand il commence à peindre L’espace entre les colonnes (Bleu) . Cependant, comme l’indique le titre, il veut aussi que nous regardions les formes – et l’espace- dans cet espace d’un bleu intense qu’il a créé. Dans une autre entrevue, celle-là en 1994, Shadbolt parle du changement apporté à la peinture par la Révolution industrielle (Industrial Revolution). Auparavant, on appréciait des objets, par exemple un pichet, parce qu’ils étaient faits à la main mais cela a changé avec la production de masse. Une fois qu’on savait en faire un, on pouvait en faire des millions parce que tout ce dont on avait besoin, c’était d’un schéma d’un pichet.

« Et vous savez tout du pichet mais vous n’avez pas de pichet, explique-t-il. En d’autres mots, l’essence a remplacé l’objet. Et j’ai pris conscience de quelque chose de plus fondamental que cela: que le plan pictorial a sa propre dynamique, ses propres impératifs. On ne parle plus maintenant de premier plan puis de milieu pour aboutir à la perspective monofocale (à un seul point de fuite). Maintenant l’accent est sur l’absence de perspective, de point de fuite unique. Le regard englobe le dessus et le dessous, il n’y a plus de profondeur, ni d’avant et arrière. L’objet est à la surface du plan pictorial. » (Entrevue avec l’artiste, par Karen Henry, catalogue de l’exposition Counterpoint: The Prints of Jack Shadbolt, Burnaby Art Gallery, 1996)

Le tableau L’espace entre les colonnes (Bleu) correspond-il à la description qui précède? Le regard est-il attiré par un seul point de fuite ? Cela

ne semble pas être le cas. Alors qu’on pourrait s’attendre à ce que les colonnes soient semblables, si on regarde de près, elles ne le sont pas. Il ne s’agit pas d’un schéma ni d’un dessin architectural. En fait, au lieu de nous obliger à nous concentrer sur l’objet au premier plan ou sur quelque chose au loin, Shadbolt semble nous demander de balayer le tableau du regard, du bleu plus intense de la colonne de gauche aux objets qui se séparent de la colonne de droit, de peut-être connecter avec une troisième colonne qui est suggérée sur le bord droit du tableau.

Dans un article intitulé “A Year in the Sun” dans le magazine ArtsCanada magazine, le rédacteur Colin Graham commente les changements qu’il remarque dans l’oeuvre de Shadbolt qui a passé une année à peindre dans le sud de la France où la lumière est très intense au lieu d’être voilée comme sur la côte Ouest du Canada. « Le peintre joue des couleurs saillantes et fuyantes pour créer l’espace. C’est la couleur qui joue le rôle principal dans ces tableaux », observe Graham. Peut-être est-ce par l’emploi de bleus de diverses intensités que Shadbolt nous invite à explorer l’espace entre les colonnes. (Graham, 1958)

additional resources Matière à réflexion
  • Comment avez-vous regardé le tableau de Shadbolt ? Votre regard s’est-il promené à travers le tableau comme le texte le suggère? Avez-vous d’abord été attiré par un endroit précis du tableau?
  • Voyez-vous quelque chose dans l’espace bleu entre les colonnes? Si oui, qu’est-ce que cela pourrait être, à votre avis?
Références

Godfrey, Stephen. “Shadbolt fired by dreams.’ Toronto Globe and Mail, 2 juin, 1988.

Graham, Colin. ‘A Year in the Sun.’ ArtsCanada, avril, 1958.

Henry, Karen. ‘Interview with the Artist.’ Du catalogue de l’exposition Counterpoint: The Prints of Jack Shadbolt, Burnaby Art Gallery, Burnaby, Colombie-Britannique, 1996.

Hunter Jennifer. ‘Endlessly fascinating work.’ Maclean’s, 7 décembre 1998 (aussi en ligne à: http://www.canadianencyclopedia.ca/index.cfm?PgNm=TCE&Params=M1ARTM0011830).

O’Hara, Jane. ‘Paintings steeped in tribal magic.’ Maclean’s, 7 juillet 1986.

Shadbolt, Jack. In Search of Form. McClelland and Stewart:Toronto, 1968.

Shadbolt, Jack. Mind’s I. McClelland and Stewart:Toronto, 1973.

Shadbolt, Jack. Act of Art. McClelland and Stewart:Toronto, 1981.

Wallace, Rory. ‘Imprinted Landscapes.’ Du catalogue de l’exposition Counterpoint: The Prints of Jack Shadbolt, Burnaby Art Gallery, Burnaby, Colombie-Britannique, 1996.

‘A Matter of Subdued Passion: An Interview with Jack Shadbolt.’ Arts Manitoba, hiver, 1984.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning