Le Pop art

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Longueur 4
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Length 4 (Longueur 4), de Gerald Ferguson, est une image composée entièrement de texte, mais elle ne ressemble pas au Untitled (Sans titre) de Grant Kernan. Cette oeuvre ne travaille pas son texte pour en faire une image, mais permet plutôt à son texte de constituer l’entièreté de son image en prenant tout l’espace alloué. En raison de l’arrangement de la masse du texte, nous pourrions même dire que ce n’est pas une représentation de quoi que ce soit sinon d’un texte.

Le titre Length 4 (Longueur 4) est une référence au fait que tous les mots compris dans ce texte sont des mots anglais de quatre lettres. Les mots biffés ne sont pas des mauvais choix de mots, mais plutôt des erreurs d’impression. Le manque d’homogénéité dans les dimensions et les formes des caractères nous révèle qu’ils ont vraisemblablement été écrits à la main. Les biffures, alors, doivent être considérées comme des erreurs de la part de la personne qui écrivait.

En anglais, l’expression “4-letter word” (mot de quatre lettres) est une périphrase pour un juron. L’oeuvre de Ferguson suggère avec humour que puisque les mots représentés sont tous des mots de quatre lettres, ils sont également grossiers; il satirise ainsi l’idée que certains mots peuvent être mauvais, et se moque de notre tendance à étiqueter ainsi les aspects de notre langage que nous considérons inélégants ou qui sont d’étymologie douteuse.

Il est important de savoir que cette image fait partie d’une série. Ferguson a créé une oeuvre-livre, une oeuvre d’art reliée et qui se présente sous forme de séquences comme les livres le sont, intitulée The Standard Corpus of Present Day English Language Usage Arranged by Word Length and Alphabetized Within Word Length (Le corpus standard de l’anglais actuel, ordonné selon la longueur des mots, et alphabétisé selon la longueur des mots). Voici ce qu’il en dit : « L’idée d’un dictionnaire arrangé selon la longueur de ses mots m’est venue d’une série de pages où j’avais imprimé une seule lettre de l’alphabet en 1968, et qui représentait un effort pour élargir des idées, alors courantes, liées à la composition modulaire, aux formes objectivement déterminées, et au statut matériel des lettres imprimées ».

En catégorisant les mots de cette manière, Ferguson nous demande de remettre en question la façon dont nous utilisons et classifier notre langue. Et parce que nous pensons le monde à travers notre langue, il nous demande de regarder les manières dont nous divisons le monde, dont nous le classifions.

additional resources Matière à réflexion
  • Si on vous demandait de réarranger le dictionnaire, comment vous y prendriez-vous? Est-ce que vous mettriez les mots en séquence, selon leur longueur ou leur sens, leur racine, leur nature (verbe, adjectif, nom), ou selon une autre manière d’utiliser les mots? Quelle serait la raison de votre méthode? Est-ce que cela pourrait poser des problèmes à un autre utilisateur?  

  • Quels mots élimineriez-vous de la langue française, si c’était possible? Pourquoi? Si vous pouviez ajouter de nouveaux mots, quels seraient-ils et pourquoi? Une fois que vous avez répondu à ces questions, essayez d’illustrer comment ces mots ont disparu, ou ont fait leur apparition? Y a-t-il une histoire derrière cela? 

  • À l’époque où Ferguson a réalisé Longueur 4, il décide d’utiliser des mots et des lettres dactylographiées sur du papier. À la longue, il réduit ce travail à la plus simple expression : le point. Hors du contexte du langage, le point n’est plus qu’une petite marque. Ferguson recouvre ses toiles de points grâce à une matrice qu’il a construite avec une baguette d’angle de plâtrier. S’en servant comme d’une machine à écrire, il répète les points en grille. Malgré cette application méthodique, le résultat manque d’uniformité, montrant que c’est une création humaine, plutôt qu’une production mécanique. Quels sont les signes de créativité humaine qu’on peut voir dans Longueur 4?