Espaces intérieurs

Some of the features on this page require that JavaScript be enabled.
Regarder l’oeuvre précédente Regarder la prochaine oeuvre
Minuit
Woman Artist, deceased, mixed-media painting, large scale work, immigrant, refugee, Jewish, ghetto,Holocaust, memory, World War 11, Stalin, Hitler, escape, persecution, memory recall, fear, architectural, political, historical, imaginary, real, grief, illusion, camouflage,Nazi,concentration camp, atmosphere, horrific, , painting series, cities, Holocaust, memory, character of cities, receptacles, buildings, counter-monuments, midnight, interiors, spaces, acrylic painting, scale, metaphor,
description

Minuit est l’un de huit tableaux composant la série «Cities» que Dukes créée en 1995 et 1996. Cette série s’inspire des villes de Budapest (la ville de Dukes en Hongrie), Jérusalem (Israël) et Munich (Allemagne). Gary Genosko écrit : «Dans “Cities", Jérusalem est une ville de lumière et Munich une ville d’obscurité avec des jaunes vulgaires.» (Genosko, 1999)  Ces trois villes sont importantes sur la scène mondiale, tant sur le plan historique que politique, et importantes dans la vie de Dukes. Dans cette série, Dukes dépeint des villes, des édifices et des expériences vécues au début de l’Holocauste dont elle se souvient ou qui lui reviennent lors de séances d’hypnose. L’auteur Meeka Walsh explique : «Sur le papier et sur la toile, elle a dessiné et peint des bâtiments réels ou imaginaires, des bâtiments du passé mais présents sous forme de souvenirs.» (Walsh, 2004)

Toutes les villes ont un caractère particulier. Le plan et les édifices de la ville reflètent tous les idées et préférences de ses habitants ainsi que les caractéristiques et le climat de l’endroit. Claudine Majzels cite une déclaration de Dukes: « Je vois les édifices comme des réceptacles gigantesques contenant des gens. La forme du réceptacle est sujette à des nombreuses variables. Le temps, les mouvements politiques et culturels, la nature et l’environnement se recoupent tous pour devenir d’importants facteurs déterminants.» (Majzels, 1998)

Les édifices eux-mêmes peuvent aussi avoir une histoire et ceci est particulièrement évident dans une autre oeuvre de cette série, Music School, où Dukes peint le quartier général d’Hitler à Munich, qui abrite aujourd’hui une école de musique. Dans sa représentation de l’édifice, Dukes rappelle au spectateur que des événements et pratiques atroces et sinistres ont, à une époque, été dispensés à partir de son intérieur. Meeka Walsh déclare : «Les travaux de cette série peuvent être conçus comme des anti-monuments. Pas de pierre, ils constituent une obligation active constante de se souvenir.» (Walsh, 2004)

Minuit, bien qu’il ne soit pas identifié comme un bâtiment particulier, est une représentation d’un intérieur ayant laissé un souvenir effrayant. Le hall grandiose avec ses colonnes et ses arcs en plein cintre qui disparaissent dans le lointain évoque une époque historique d’une richesse et d’une puissance colossales. Les colonnes s’éloignent dans l’espace sur une grande toile suspendue au niveau du sol. Les colonnes créent l’illusion qu’il existe un passage sur le côté, au sein du mur de la galerie, un espace profond et effrayant dans lequel le spectateur peut pénétrer à ses risques et périls. 

Au bout du couloir peint, de nombreux filaments de jute et des plumes sont fixés au-dessus d’un vide noir. Ceci constitue le point de mire de la toile. Les fibres exsudent de la surface du tableau et tombent sur le sol de la galerie devant la toile.  Claudine Majzels décrit l’effet que produit l’ajout d’objets trouvés au tableau : « La surface fait éruption et se projette dans l’espace du spectateur.» (Majzels, 1998). Ceci représente un souvenir d’enfance affreux, celui d’une couverture ou d’un camouflage pour une cache nazie et comme le dit Gary Genosko : «…vous ne vous imaginez jamais vraiment que les cheveux du Minuit (1996) de Dukes ont vu le jour dans l’horrible cache de l’un des camps, bien que nous en ayons des images atroces.» (Genosko, 1999)

Il n’est pas surprenant que Dukes ait intitulé le tableau Minuit, non pas en référence au milieu de la nuit, mais pour souligner une période de grande obscurité dans l’histoire de l’être humain.

Majzels décrit Cities, la dernière série importante de travaux et exposition de Dukes comme « un testament de sa résilience, de son endurance et de sa survie, comme le manifestent l’échelle de ses travaux et leurs gestes puissants.» Majzels poursuit: « Elle [Dukes] témoigne des tragiques anéantissement et bouleversement à travers les siècles et pose la question lugubre " Qu’avons-nous accompli?" » (Majzels, 1998).

additional resources Matière à réflexion
  • Avez-vous jamais eu une expérience traumatique? Avez-vous dû en parler pour la surmonter?

  • Améliorez vos connaissances sur l’holocauste (voir la section Liens pour trouver des sites Web) et les raisons sous-jacentes à la perte de nombreuses vies pendant la Seconde Guerre mondiale. Pouvez-vous identifier des événements plus récents où guerre et destruction ont amené des gens à fuir leur pays? Quelles sont les raisons de leur situation désespérée et de leur fuite?

  • Dans une entrevue avec Doug Whiteway, Dukes déclare : «Je ne vois pas d’amélioration dans la fibre morale des gens. La science et la technologie ont fait des pas de géant, mais moralement, nous sommes toujours là où nous en étions.» (Whiteway, 1985) Êtes-vous d’accord avec elle? Les gens peuvent-ils même être moralement pires qu’ils ne l’étaient il y a des décennies?

  • En 1975, lorsque ses deux fils aînés ont manifesté de l’intérêt, Dukes a été amenée à inclure un élément de spiritualité dans son œuvre. Meeka Walsh déclare : « Elle a écrit que la lumière et l’atmosphère sont devenues importantes dans son art.» (Walsh, 2004)  Discutez de la spiritualité avec des amis et des enseignants et aussi de la façon dont  les artistes se servent de la spiritualité dans leur art. La lumière et l’atmosphère suggèrent-elles la spiritualité?

  • De quelle façon le choix de couleurset la manière d’appliquer le fusain, l’acrylique et l’encaustique suggèrent-ils une forte émotion?
Références

(anglais) Auteur inconnu.  A Curious Universe.  Exposition virtuelle. Université de Montréal, Montréal, Québec.  Extrait d’Internet le 7 mai 2008 à: http://curieuxunivers.umontreal.ca/en/experimental/experience/index.php

(anglais) Genosko, Gary.  ‘Building Blocks of Memory.’  Border Crossing, Vol 18, No 1. 1999.

(anglais) Majzels, Claudine. Cities. Caroline Dukes. Winnipeg, Manitoba: University of Winnipeg, 1998.

(anglais) alsh, Meeka.  ‘Building Light.’  Border Crossing, Vol. 23, No. 1, 2004.

(anglais) Whiteway, Doug.  ‘Message conveyed in Duke’s Art.’  Winnipeg Free Press, 16   mars 1985.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning