Question d’environnement

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Dormeuse nº4
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description

Apercevoir cette sculpture en entrant dans une galerie d’art peut surprendre. Comme les deux autres sculptures similaires de la collection de la MacKenzie Art Gallery, elle a l’air échevelée et est installée là où le plancher rencontre le mur, dos au public. Les trois sculptures de la même série pourraient avoir atterri par hasard dans le musée. Elles semblent ne pas être à leur place, perdues dans un coin. Ce sont des sculptures «marginalisées», et peu de spectateurs se penchent pour les observer de près. Magor a confirmé son intention quant aux Dormeuses lors d’une entrevue avec Nancy Tousley: «Ces sculptures parlent de gens profondément en retrait, si profondément qu’ils ne peuvent presque pas être récupérés.»(Tousley, 2000)

Dormeuse nº4, de la collection de la MacKenzie, est une oeuvre qui figure parmi un groupe d’oeuvres de petites dimensions qui sont similaires à celle présentée ici. Les oeuvres sont composées d’une tête de poupée avec le corps serré dans un linceul-couverture. La couleur des cheveux de la poupée, celle de la couverture ainsi que la forme du corps varient légèrement d’une pièce à l’autre. Dans cette oeuvre, une texture et un peu de couleur sont imprimées à la surface de la couverture. La poupée a de courts cheveux blonds qui lui cachent le visage. Voici ce que Magor en dit : «Elles sont quelque peu morbides parce qu’elles ont les membres attachés. On dirait qu’elles ont été enveloppées dans des couvertures mais en fait, elles ont été moulées dans des gangues de caoutchouc. Elles sont dans un sommeil profond, comateux.Trad.»(Tousley, 2000)

Les dormeuses pourraient avoir été capturées attachées ainsi. Mais elles pourraient également s’être créé leur propre petit cocon, oubliant le monde autour d’elles. Comme Michael Scott l’écrit dans son interprétation de l’oeuvre : «Dormez trop profondément dans votre nid, semblent-elles dire, et le nid peut vous étouffer» (Scott, 1999).

Dormeuse nº4 appartenait à une exposition intitulée ‘Sleeping Rough“ (Dormir sur la dure). Le refuge ou le foyer était le thème sous-jacent de l’exposition, mais on ne faisait pas référence à une maison typique de la banlieue. C’était à propos des abris de fortune qui pourraient offrir une protection contre les éléments pour des fugitifs, des sans-abris ou des gens que la société ignore. L’idée de son exposition est venue à Magor lorsqu’elle a vu un «Avis de recherche» pour une personne qui s’était enfuie dans les bois.

Se réfugier dans la nature quand les choses deviennent difficiles ou trouver une certaine réjuvénation et une sérénité dans la nature sont des idées qui plaisent à Magor. Ce sont des idées qu’elle partage avec bien d’autres gens, écrit Michael Scott: «Magor a trouvé un élément de pureté dans l’idée de courir se réfugier dans les bois, à la recherche d’un endroit où l’on serait plus bousculé par son voisin, ses enfants ou son patron.» (Scott, 1999) Mais en réalité, courir se réfugier dans la nature est une enterprise dangereuse et, comme Magor l’a affirmé dans une entrevue avec Nancy Tousley, «cela va contre le bon sens de se sentir plus en sécurité dans les bois.» (Tousley, 2000)

Cette ambivalence, ce sens incertain, sont au centre de la pratique artistique de Magor : parmi les thèmes de l’œuvre de Magor, on retrouve les contradictions réel/irréel, monde urbain/monde naturel, sécuritaire/dangereux, vérité/illusion.

additional resources Matière à réflexion
  • Aimez-vous être seul(e)? Nommez quelques avantages à se retrouver seul(e), sans distractions? Etes-vous introverti(e) ou extraverti(e)?
  • L’apparence de la « Dormeuse» n’est pas raffinée ou belle comme nombre d’oeuvres d’art. Quel était l’intérêt de Magor à ne pas en soigner l’apparence de son oeuvre? Pourquoi la dormeuse gisait-elle sur le parquet? Comment décririez-vous ce que vous voyez? Dormeuse nº4 aurait-elle à voir avec la mort ?
  • Qu’est-ce que les choix de Magor dans Dormeuse nº4 insinuent sur l’état de l’environnement naturel?
  • Magor affirme, dans une entrevue avec Alvin Balkind datée de 1976 : «Je fais de l’art parce que je me sens bien, mais parfois je me sens aussi très mal. Il y a toujours des hauts et des bas.» (Balkind, 1977) Avez-vous déjà ressenti ces états opposés en faisant de l’art?
  • Gardez-vous de la nature une idée romantique, rêvant de vivre une vie simplifiée loin des routines accélérées de la vie urbaine?
  • Enfants, Magor et son frère construisaient des forts. C’étaient des endroits sécuritaires d’où ils pouvaient se soustraire aux événements du monde. Avez-vous déjà construit des forts ou autres endroits secrets où vous pouviez vous sentir en sécurité? Qu’est-ce qui rendait cet endroit spécial ?
  • Magor a exploré abondamment les idées reliées au sommeil et aux objets trouvés dans la nature dans ses oeuvres antérieures. Si Dormeuse nº4 était présentée verticalement, sa forme imiterait une larve d’insecte ; elle pourrait même dépeindre la métamorphose de la chrysalide encore enrobée de son cocon. Si c’était le cas, qu’est-ce que Magor pourrait avoir eu en tête en créant cette sculpture? Est-ce que chaque Dormeuse du groupe de sculptures de Magor pourrait représenter un aspect de l’humanité ou de l’environment qui doit subir des changements internes pour que le monde soit un endroit où il fait bon vivre ?
Références

(anglais) Balkind, Alvin. Four Places: Allan Detheridge, Gathie Falk, Liz Magor, An Whitlock. Catalogue d’exposition. The Vancouver Art Gallery, Vancouver, British Columbia, 1977.

(anglais) Hogg, Lucy, Reid Shier, Nancy Tousley. Liz Magor. Art Gallery of York University, Toronto and Contemporary Art Gallery, Vancouver, British Columbia, 2000.

(anglais) Johnson, Mia. ‘Liz Magor.’ Preview, the Gallery Guide. Vancouver Art Gallery, Vancouver, British Columbia. En ligne à : http://www.preview-art.com/previews/11-02/VAG-Magor.html.

(anglais) Scott, Michael. ‘Sleeping Rough From an Artist’s Point of View.’ Vancouver Sun, 1999.

(anglais) Smith, Brenda Lee. Manuscrit non publié, MacKenzie Art Gallery, 2000.

(anglais) Tousley, Nancy. ‘Liz Magor.’ Canadian Art, Spring 2000.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning