Question d’environnement

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Arrangement X
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“They took all the trees
Put ‘em in a tree museum”
– Joni Mitchell, Big Yellow Taxi

Dans son exposition “Mapping the Land and Body,” («Cartographie de la terre et du corps»), une exposition montée en 2004 à la Rosemont Art Gallery de Regina, Marsha Kennedy a présenté 15 corps nus grandeur nature sur lesquels elle avait inscrit des cartes du réseau routier, des chemins de fer, des emplacements des églises de missions et des postes de traite historiques de la Saskatchewan, de même que des lignes délimitant les territoires traditionnels des Premières Nations. Chacune des figures tenait les os ou restes d’une espèce animale ou végétale vivant dans les plaines de la province, des espèces dont plusieurs sont éteintes, en voie d’extinction ou sont menacées par les activités humaines.

Si les prairies herbeuses passent pour être des terres sauvages, il est curieux qu’au Canada, elles constituent en réalité l’un des paysages les plus altérés de la terre. Lorsque des centaines de milliers de colons ont débarqué dans les Prairies à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, ils ont défriché la terre et drainé les marais et marécages afin d’établir leurs fermes. Aujourd’hui, il reste moins de cinq pour cent des prairies herbeuses présentes à l’époque de la colonisation.

Dans une déclaration pour l’exposition intitulée “Stilled Lives” (« Natures éteintes »), un groupe de peintures dont faisait partie l’œuvre présentée ici, Kennedy a écrit qu’elle «…avai[t] imaginé les premiers pionniers européens arrivant dans les vastes Prairies avec des attitudes contraires aux croyances et valeurs des peuples autochtones. Les chants des oiseaux ont servir de symbole d’espoir pour les premiers colons luttant pour survivre durant les rigoureux hivers des Prairies.»

Quoique les chants des oiseaux aient pu être un symbole d’espoir et de renouvellement de la vie, au fur et à mesure que ces colons cultivaient la terre, ils domptaient la nature et éliminaient l’habitat même des oiseaux. Dans Arrangement X et dans les autres peintures de la série, Kennedy nous présente l’une des conséquences de la transformation de la Saskatchewan en une province agraire.

pine siskin Kennedy a créé un groupe de peintures représentant des arrangements : elle représente une table sur laquelle se trouve la dépouille d’un oiseau mort, encadrée de noir. Dans Arrangement X, elle présente le corps d’un tarin des pins déposé sur une nappe blanche brodée. Plutôt que de représenter une table sur laquelle se trouvent les produits d’une récolte variée et abondante, Kennedy nous sert la dépouille d’un seul petit oiseau dans un arrangement stérile. Kennedy renforce cette image en ajoutant un panneau de verre aux deux panneaux peints, un peu comme dans les musées. Gravée à l’eau forte dans le panneau de verre se trouve l’ombre d’un oiseau qui vole, sur laquelle les mots Disturbed Ground (Sol endommagé) sont écrits, qui font référence, selon elle, «… à l’endommagement d’une tombe ou du sol sacré des peuples autochtone ou de la nature originelle.» Ces paroles, présentées avec un détachement scientifique, illustrent à quel point nous sommes débranchés du monde naturel.

«Tous les oiseaux morts que j’ai peints, a expliqué Kennedy dans sa déclaration, sont des oiseaux qui ont été la proie des dangers que pose la vie des humains, des dangers tels que les vitres, les chats domestiques, les autos et les fils électriques. La plupart de ces oiseaux sont morts en traversant Regina durant les migrations du printemps et de l’automne. Ces délicats corps aux voix éteintes avaient volé depuis des endroits lointains et merveilleux.Trad. »

Kennedy semble dire qu’un irrespect de la nature ou qu’un détachement de la nature, loin d’améliorer notre vie, l’appauvrit; elle semble nous demander de faire des changements avant qu’il n’y ait plus d’oiseaux pour nous annoncer par leurs chants la venue du printemps.

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Matière à réflexion
  • Marsha Kennedy a dit qu’lle a commencé à intégrer les oiseaux comme thème dans son art lorsque son fils est rentré à la maison, tout triste, pour lui annoncer qu’il avait vu un oiseau mort. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez vu un oiseau ou un autre animal mort ? Comment aviez-vous réagi? Comment expliquez-vous votre réaction?
  • L’oeuvre de Kennedy vous offre-t-elle une nouvelle manière de considérer les questions environmentales ? Distinguez son approche des questions environnementales.
  • Y a-t-il quelque chose dans son environnement immédiat qui pourrait être menacé? Que pourriez-vous faire pour le protéger?
  • Références

    (anglais) Anderson, Jack. ‘Culture’s effect on nature in Kennedy’s images.’ Regina Leader-Post, 0 octobre 2004.

    (anglais) Anderson, Jack. ‘Marsha Kennedy’s work speaks through irony.’ Regina Leader Post, 14 octobre 1999.

    (anglais) Anderson, Jack. ‘Life through botanical images.’ Regina Leader Post, 1 décembre 2007.

    (anglais) Arnott, Ryan. Phantom Limbs. Catalogue d’exposition. MacKenzie Art Gallery, Regina, Saskatchewan, 1994.

    (anglais) Beatty, Gregory. ‘Body Politics.’ Prairie Dog, 2 septembre 2004.

    (anglais) Kennedy, Marsha and Lee-Ann Martin. Stilled Lives. Catalogue d’exposition. MacKenzie Art Gallery, Regina, Saskatchewan, 1999.

    Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning