Terre, science et art

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Suite Champ de glace/glacier
description

Depuis les années 1960, lorsque Onley devient pilote, il combine le vol à sa production artistique. Selon l’auteur Allan Wood, « L’hydravion lui permet de patrouiller le ciel comme un faucon, regardant au-dessous et autour de lui pour dénicher des trucs formidables à peindre. » (Wood, 1981)

On sait que Onley faisait des croquis et prenait des photos pendant qu’il pilotait son avion. Il avait un véritable don pour découvrir des images formidables de phénomènes naturels. En 1984, au cours d’un de ces vols, il s’écrase sur le glacier Cheakamus dans la région de Garibaldi en Colombie-Britannique, mais il en ressort avec seulement une jambe cassée. En 2004, toutefois, il n’aura pas autant de chance : il perd la vie dans un accident d’avion près de Maple Ridge, en Colombie-Britannique.

Pour trouver son inspiration, Onley s’envolait dans son avion et très vite, il découvrait des paysages magnifiques, libres de toute intrusion humaine. En 1987, au cours d’une entrevue, Onley déclare: « Plus c’est accidenté et intact, vierge et sauvage, mieux c’est. Les rivages accidentés de la côte ouest et les lacs glaciaires des montagnes sont le sujet de mes aquarelles et les huiles et gravures en découlent pendant le long hiver. » (Heffel, 1987)

Dans une entrevue avec Nancy Tousley, il déclare: « Je suis fasciné par la qualité primitive du paysage et c’est de là que je traite dans tout mon travail. » (Tousley, 1990)

Les images de Onley proviennent de cette communion avec l’espace qui se trouve dans le paysage et la façon dont il le raffine. Allen Wood note que le style de peinture austère de Onley tente « de simplifier jusqu’à la pureté ». Dans le même article, il ajoute: «Il organise le tableau de façon abstraite, puis il devient un paysage presqu’en dépit de lui-même. »(Wood, 1989)

Onley lui-même décrit le processus qu’il adopte comme suit: « Je le considère toujours comme des blocs de couleurs, de formes et d’espace. » (Porter 1981) Dans Suite Champ de glace/glacier, les formes sont de simples formes organiques définies par de délicats lavis de gris au pastel; des bleus gris, des verts et des marrons. Allan Wood explique qu’une fois que le papier ou la toile d’un blanc pur a été préparée, Onley, « [entame] la discipline délibérément imposée de réintroduire des formes, juste une d’abord, puis deux et un ‘saut’ jusqu’à trois.» Il ajoute : «Le dénuement et la clarté de ces toiles où ‘moins est plus’ est l’un des éléments les plus intransigeants de l’art de Onley. » (Wood, 1989)

Onley a parcouru le monde à la recherche d’inspiration dans les formes du relief se trouvant sur la côte de la Colombie-Britannique, en Nouvelle Zélande, en Inde, en Chine, au Japon et à Maui, par exemple. Il est mieux connu pour ses images de l’Arctique canadien. Il possédait une affinité avec cette région. Allan Wood a observé que dans ses paysages minimalistes de tous les coins du monde, « un processus de distillation a eu lieu et on lui ajouté juste suffisamment d’indices pour re-créer un sentiment particulier de lieu. » (Wood, 1989)

Onley était un artiste prolifique qui pouvait peindre jusqu’à dix toiles par jour. Bien qu’elles aient été produites rapidement sans dessin préalable, l’œuvre finale offre un sentiment de calme. Ce n’était pas le réalisme que Onley voulait rendre dans son art; il voulait aller plus loin.

Pour résumer les paysages de Onley, Allen Wood écrit que : « Ces tableaux, de par leur simplicité même, permettent un niveau de contemplation et de plaisir qui ne connaît pas de limites.»” (Wood, 1989) Un autre critique, Jack Anderson observe que Onley « se sert de l’abstraction pour évoquer (de mémoire et d’esprit) des endroits et événements menaçants, romantiques et même spiritualisés. » (Anderson, 2004)

additional resources Matière à réflexion
  • Onley a régulièrement visité le Japon pour y étudier sa peinture. Il a découvert que les peintres traditionnels japonais omettaient tout ce qui n’était pas essentiel à leur tableau. Observez des peintures japonaises sur le site mentionné ci-dessous et voyez si vous pouvez établir des liens avec l’œuvre de Onley.
  • La forme marron clair sur la droite de Suite Champ de glace/glacier ressemble-t-elle à une main? À votre avis, cela est-il intentionnel ou accidentel? Cette œuvre comporte-t-elle un sentiment de spiritualité?
  • Bien qu’il ait été un artiste prolifique qui vendait bien ses œuvres, Onley n’a pas reçu beaucoup de louanges de la part des conservateurs de musée ou des galeries importantes. Selon vous, pourquoi? Pouvez-vous identifier d’autres artistes qui ont bien réussi financièrement et ont connu le succès auprès du public, mais que les grandes galeries ont boudés?
  • « Rien ne fait naître un plus large sourire sur le visage de l’artiste Toni Onley que le vieux dicton selon lequel deux choses sont certaines dans la vie – la mort et les impôts. D’escarmouches avec les deux, il est sorti vainqueur ». (Dambrofsky, 1985) Onley a menacé de brûler un millier de ses toiles pour protester le fait qu’on lui refusait de déduire ses coûts de production de ses oeuvres de ses impôts sur le revenu. En fin de compte, les lois sur les impôts ont été amendées. Pouvez-vous identifier d’autres personnes qui ont exercé de fortes pressions pour encourager le changement?
  • « Les oeuvres elles-mêmes, si on les regarde sans tenir compte du mérite artistique, sont des paysages d’une grande douceur, nostalgiques, reconnaissables, luxuriants et avant tout de taille pratique. » (Wood, 1989) Après avoir vu Suite Champ de glace/glacier, êtes-vous d’accord avec ce commentaire?
  • Onley adorait l’Arctique et c’est Pierre Trudeau, le Premier ministre de l’époque, qui a organisé sa première visite dans cette région. Il y avait quelque chose dans les tableaux de Onley qui rappelait cette région septentrionale à Trudeau. En 1989, Onley a déclaré: « Cela m’effraye de penser que, dans les 40 années à venir, on peut apporter plus de changement à l’environnement (de l’Arctique) qu’il n’y en a eu au cours des deux millions d’années passées. » Qu’en pensez-vous?
  • Bien des artistes trouvent que l’aquarelle est un médium difficile à employer. À votre avis, pourquoi? Est-ce que le fait de penser que quelque chose est difficile peut rendre l’activité plus difficile qu’elle ne l’est en réalité?
  • Pourquoi un papier absorbant est-il meilleur pour l’aquarelle et la gravure? Que veut-on dire lorsqu’on parle de tendre du papier à aquarelle? Pourquoi les artistes se servent-ils d’un papier épais pour l’aquarelle?
  • Dans la peinture à l’aquarelle, pourquoi peut-il être difficile d’effectuer des corrections?
  • En aquarelle, il est important de choisir des matériaux de la meilleure qualité possible. Selon vous, pourquoi? Pourquoi un artiste devrait-il considérer la permanence des matériaux?
  • Onley pensait qu’un artiste doit vivre aussi bien que les personnes qui achètent ses oeuvres. Est-ce toujours le cas? Quels préjugés avons-nous au sujet de la vie d’un artiste?
* Science Behind the Art *

Au cours des 2,5 millions d’années passées (connue en géologie sous le nom de Quaternaire), des nappes glaciaires continentales ont avancé et reculé à travers l’Amérique du nord et l’Europe en une succession rythmée par l’alternance de périodes glaciaires et interglaciaires. Le rythme de ces fluctuations dépend surtout des changements cycliques de la dynamique orbitale de la Terre autour du Soleil qui entraîne une période glaciaire à peu près tous les 100 000 ans, à la suite d’une période interglaciaire qui dure environ 10 000 ans. La glaciation la plus récente a débuté il y a environ 100 000 ans, a atteint son apogée il y a à peu près 18 000 ans et s’est abruptement terminée il y a environ 10 000 ans. Pendant le dernier maximum glaciaire, la glace recouvrait près de 30% de la Terre émergée (comparé à 10% à l’heure actuelle) et était, par endroits, épaisse de 4 kilomètres. Avec toute cette eau prisonnière de la glace sur les continents, le niveau de la mer était de 125 mètres inférieur à celui d’aujourd’hui. Les températures annuelles moyennes dans les latitudes septentrionales étaient tombées de presque 10 degrés Celsius. Aujourd’hui, on ne trouve des glaciers qu’à de hautes latitudes ou dans des environnements alpins, comme le montre ce tableau, là où les chutes de neige hivernales survivent à la fonte de l’été. Lorsque la vitesse de fonte ou d’ablation nivale dépasse le taux d’accumulation, les glaciers reculent. Aujourd’hui, dans le monde entier, les glaciers alpins et même d’énormes nappes glaciaires reculent à cause de la hausse des températures.

Références

(anglais) Anderson, Jack. ‘Installation challenges fixed world objects.’ The Regina Leader Post, 14 juillet 2004.

(anglais) Auteur inconnu. ‘A long way from painting labels.” The Regina Leader Post, 5 décembre 1981.

(anglais) Auteur inconnu. ‘In Memoriam.’ Galleries West, Été 2004.

(anglais) Auteur inconnu. Toni Onley. Abbazzo Gallery. Extrait d’Internet le 13 juin 2008 à: http://toni-onley.abbozzogallery.com/

(anglais) Dambrofsky, Gwen. ‘The artist should live as well as those who buy.’ Éditeur inconnu, Vancouver 2 juin 1985.

(anglais) Emery, Anthony. Toni Onley: An Appreciation. Catalogue d’exposition. Commonwealth Institiute Art Gallery, London, England, 1965.

(anglais) Godfrey, Stephen. ‘The Onley way to go.’ The Globe and Mail, 16 mars 1986.

(anglais) Heffel, Kenneth G. Onley. Catalogue d’exposition. Fine Art Inc., Vancouver, British Columbia, 1987.

(anglais) Perry, Meta. ‘Landscapes convey grandeur, vastness.’ The Regina Leader Post, 3 juin 1987.

(anglais) Porter, Rosalyn. Toni Onley: Major Works From the Sixties. Catalogue d’exposition. The Hett Gallery Ltd., Edmonton, Alberta, 1981.

(anglais) Tousley, Nancy. ‘Hairy Painter Portrays River Trip.’ The Calgary Herald, vendredi 2 novembre 1990.

(anglais) Wood, Alan. ‘Honesty and Ostentation: Toni Onley.’ Vanguard. April 1981.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning