Terre, science et art

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Champs de blé et coulée (Près d’Indian Head)
description

«J’aime la Saskatchewan », Pawson a-t-elle un jour déclaré à un intervieweur. « L’espace. Le ciel immense… La terre est si ancienne et si forte, et elle a survécu à de tels extrêmes, et pourtant elle est toujours là, et toujours aussi belle. On se sent si petit et si insignifiant parce qu’elle sera encore là bien longtemps après nous. » (Hryniuk, 1988)

Pawson adorait passer une longue journée en plein air. Elle peignait toujours sur place sans l’aide de photos. Elle chargeait ‘Jake’, sa coccinelle Volkswagen 1961, et partait à la campagne. Souvent, elle et une de ses amies de longue date, Dorothy Martin, faisaient des excursions d’une journée pour peindre : elles peignaient dehors lorsqu’il faisait beau, et à l’intérieur de la voiture se servant du tableau de bord comme soutien lorsqu’il faisait mauvais. Les tableaux de Pawson n’étaient donc jamais guère plus grands que ce qu’elle pouvait manipuler facilement dans cet espace étroit. D’habitude, elle les finissait en une séance.

Champs de blé et coulée (Près d’Indian Head) a été peint lors d’une telle excursion. Pawson s’est rendue en voiture à l’est de Regina et a trouvé son inspiration pour cette peinture près de la petite ville de Indian Head, en Saskatchewan. Le relief vallonné de cet endroit a attiré son oeil. La saison était indéniablement l’automne car la palette de Pawson contient les couleurs ocres du champ de blé mûr de la prairie.

Champs de blé et coulée évoque une chaude journée d’automne avec l’arôme du grain mûr flottant dans l’air. L’impression de mouvement, si présente dans la plupart des tableaux de Pawson, est rendue par les lignes courbes et la répétition des rangées d’andains de blé et de moyettes. Il n’y a aucun signe d’humains si ce ne sont ceux de la moisson qu’ils ont laissés derrière eux.

Pawson s’intéressait surtout aux paysages et aux couleurs du printemps et de l’automne. « Les saisons suivant sans faillir l’hiver glacial, dit Pawson, avec sa poigne de glace sur le printemps qui soudain explose de vie, et l’été et l’automne qui s’épanouissent en une beauté dorée sous le soleil éclatant. Tout cela crée pour l’artiste une fièvre et une stimulation, un optimisme et une joie. Il faut travailler, travailler – essayer de capter cette vie, cette joie. » (Pawson, 1975)

Comme bien des artistes, Pawson cherchait à saisir cette joie spéciale dans son oeuvre. Ce défi la captivait et l’a amenée à le relever dans ses tableaux pendant quarante ans.

Une rétrospective importante de l’œuvre de Pawson a eu lieu en 1992 à la Dunlop Art Gallery et on y résumait sa carrière et son oeuvre en ces mots: « Alors que d’autres ne voient qu’un bol de poussière sans caractéristique particulière, Ruth Pawson rend hommage dans ses tableaux au ciel généreux et aux nuances de la lumière et de l’atmosphère de la prairie. Ses tableaux révèlent une sensibilité à l’écoute d’une topographie subtilement variée. » (Auteur inconnu, 1992)

additional resources Matière à réflexion
* Science Behind the Art *

La formation de cette coulée près d’Indian Head a commencé il y a 11 000 ans avec de l’eau de fonte glaciaire qui a débordé et érodé les sédiments du lac glaciaire riches en argile. Aujourd’hui, ces petites vallées asséchées continuent à s’éroder et sont courantes dans le sud de la Saskatchewan, drainant souvent, à travers des ravins, l’eau qui éventuellement se jette dans de grandes vallées d’eau de fonte glaciaire.

Le terme ‘coulée’ vient du verbe ‘couler’, et fait référence à la formation de la coulée par de l’eau mouvante.

Comme c’est le cas de nombreuses coulées ou vallées dans les prairies, le versant nord ensoleillé de la coulée est trop sec pour tolérer toute végétation si ce n’est de la chrome cathardique (herbe) tandis que le versant sud est suffisamment humide pour encourager la pousse d’arbres et de buissons.

L’image satellite ci-dessous montre plusieurs larges ravins au nord de Indian Head. L’écoulement en surface et la pluie des hautes terres empruntent des coulées plus petites dont l’eau se déverse dans les ravins pour finalement se jeter dans la vallée Qu’Appelle.

L’image satellite a été créée en combinant une image panchromatique SPOT-5 10-m du 17 mai 2007 et une image composite en couleur réelle de LandSat 30-m du 26 juillet 2000.

Ruth Pawson

Références

(anglais) Auteur inconnu. ‘Season by Season: The Work of Ruth Pawson.’ At the Library, Regina, Oct. 1992.

(anglais) Beatty, Greg. ‘In her own style.’ The Regina Leader Post, 12 mars 1992.

(anglais) Essar, Gary. Tisdale ‘51 - Interview with Ruth Pawson. Dunlop Art Gallery, Regina, Saskatchewan, Mai, 1980.

(anglais) Hryniuk, Margaret. ‘Well-travelled painter still loves Prairies.’ Regina Sun, 18 septembre 1988.

Morgan, Wayne. Ruth Pawson. Catalogue d’exposition. Dunlop Art Gallery, Regina, Saskatchewan, 1975.

Pawson, Ruth. ‘Ruth Discusses Her Work.’ Tiré d’une lettre datée du 18 février 1975.

Pilon, Bernard. ‘The prairie rolls for Ruth Pawson.’ The Regina Leader Post, 27 novembre

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning