Terre, science et art

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Peggy’s Cove nº 3
description

Avec le rendu de Peggy’s Cove de Joan Rankin, tiré de la collection de la MacKenzie Art Gallery, nous en arrivons à la fondation de l’art. Peggy’s Cove est une petite communauté de pêcheurs située au sud de Halifax (Nouvelle-Écosse), mais la beauté de son paysage accidenté et son phare de carte postale en ont fait l’un des endroits les plus peints et photographiés au Canada. Comme il est facilement accessible, le phare est peut-être le plus photographié au monde.

Cette partie de la côte de la Nouvelle_Écosse a été formée il y a plus de 400 millions d’années lorsque de la roche en fusion est remontée à la surface et a refroidi. La côte accidentée a ensuite été découpée et formée par des glaciers et l’action des marées et des vagues de l’océan. Les nombreuses baies et criques qui se trouvent le long de la côte fournissent des ports sécuritaires pour les pêcheurs qui poursuivent leur mode de vie séculaire.

Bien que Peggy’s Cove soit surtout connu comme destination touristique, l’écrasement d’un avion de Swissair à proximité de la côte nous a brusquement rappelé la réelle importance de ce mode de vie traditionnel. En effet, des pêcheurs ont embarqué dans leurs bateaux, au risque de leur propre vie, espérant trouver des survivants dans l’Atlantique. Les 229 personnes qui se trouvaient à bord ont toutes péri dans l’accident.

Plutôt que de nous présenter une autre vue pittoresque de la mer, de la terre et du ciel, Rankin saisit une vue des ‘dessous’ de Peggy’s Cove. Elle a visité l’endroit en 1972, grimpant tant bien que mal sur les rochers sous le regard inquiet de sa sœur. Son appareil à la main, Rankin cherchait dans les roches anciennes « une texture, des lignes, fissures et crevasses. »

Peggy’s Cove # 3 est l’une des séries de photos que Rankin a prises du cours de cette visite. Lorsqu’elle a développé les photos, elle a mis les photos horizontales à la verticale, mimant ainsi le thème dominant de ses peintures soit des barres de couleur verticales sur un fond de couleurs primaires vives. Comme les photos prises à Peggy’s Cove sont en noir et blanc, l’accent porte sur la texture de la roche, la tension créée par les lignes verticales au sein du cadre et les différentes nuances de gris et de noir.

additional resources Expérience universitaire
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Formation
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L’expérience d’Emma Lake
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Peggy’s Cove
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Première carrière
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Matière à réflexion
  • Les formes verticales qui apparaissent sans cesse dans les travaux de Rankin peuvent avoir de nombreuses significations. Elles ressemblent, entre autre, aux bannières dont on se sert lors de fêtes. Dans Peggy’s Cove no 3, cela vous semble-t-il évident?
  • Dans Peggy’s Cove no 3, Rankin se sert de la technologie des années 1970 pour faire d’une photo horizontale une photo verticale. La photographie digitale rend ce type de manipulation encore plus facile, mais il existe une controverse à propos de ce type d’activité comme on l’explique sur Wikipedia, Retouche d’image. Selon vous, est-ce une activité légitime?
  • Selon vous, les gens devraient-ils être prévenus qu’ils regardent une photo « truquée »?
  • Bien que la création d’images en couleur soit facile avec un appareil numérique, la photo en noir et blanc connaît un regain d’intérêt. Consultez le site Web Black and White Revival. Quelles caractéristiques les photos en noir et blanc possèdent-elles qui encouragent les photographes à en faire?
* Science Behind the Art *

Fran Haidl

La communauté côtière de Peggy’s Cove – et son célèbre phare – se trouvent sur une large masse de granit qui date de plus de 380 millions d’années. Cette photo, prise par l’artiste Joan Rankin il y a plusieurs décennies, capte l’apparence d’une exposition verticale de roches granitiques dans cette région. Le granit se compose de cristaux de minéraux comme la biotite (noire) et aussi de quartz, feldspath, et muscovite, tous de couleur plus claire que la biotite. La grande taille des cristaux indique un lent refroidissement du magma à partir duquel ils se sont formés.

L’histoire du granit a commencé lorsque deux masses terrestres sont entrées en collision, il y a environ 400 millions d’années, créant une chaîne de montagnes comme celle de l’Himalaya. Des parties de la croûte terrestre ont été violemment repoussées en profondeur, sous la surface, où la chaleur était suffisante pour faire fondre ces roches crustales. Le matériau fondu (magma) s’est infiltré vers le haut jusqu’à ce qu’il refroidisse et se solidifie en granit à une profondeur qu’on estime à15 km sous la surface terrestre ancienne de ce qui est aujourd’hui le sud de la Nouvelle-Écosse. Des millions d’années de soulèvement lent, assorti d’altération atmosphérique et d’érosion, ont fait disparaître les roches de couverture et exposer le granit qu’on voit aujourd’hui à Peggy’s Cove. Le fragment angulaire foncé, qu’on voit dans le coin en haut à droite de la photo de Rankin, est un morceau de roche « étrangère » (xénolite) que le magma a ramassé pendant sa remontée vers la surface. Les fissures qui parcourent le granit dans cette photo étaient, à l’origine, des joints et fractures qui se sont formés au cours du refroidissement du granit et peut-être lors de collisions avec d’autres continents anciens. Une fois exposées à la surface, ces fissures se sont élargies à cause des intempéries comme les cycles de gel/dégel.

Bien des aspects du paysage qu’on voit aujourd’hui à Peggy’s Cove reflètent la sculpture effectuée par les glaciers lorsqu’ils se sont déplacés dans cette partie de la Nouvelle-Écosse, il y a environ 20 000 ans. La crique elle-même a été formée par l’érosion glaciaire le long d’un ensemble de fractures peu espacées. Dans la photo ci-dessous, prise en 2007, les rochers de granit ou «blocs erratiques », qui jonchent la surface ont été arrachés par les glaciers et abandonnés lorsque la glace a fondu. Les formes de relief inclinées, connues sous le nom de « roches moutonnées », ainsi nommées parce que certaines personnes pensaient qu’elles ressemblaient à des moutons, résultent aussi de l’action glaciaire. Elles sont caractérisées par une pente douce du côté où le glacier est venu et par une pente abrupte, en générale accidentée, de l’autre côté (dans cette photo datée de 2007, le glacier s’est déplacé de la droite vers la gauche). Des surfaces polies lisses, produites par le mouvement glaciaire, sont aussi communes sur bon nombre de roches n’ayant pas le profil du « mouton couché ». Dans certains endroits, les surfaces lisses montrent aussi des rainures parallèles produites par les fragments de roches incrustés à la base des glaciers alors qu’ils se déplaçaient sur le granite. Ces rainures, ou « stries glaciaires », reflètent la direction du mouvement glaciaire. Aucune strie n’est clairement visible dans la photo de 2007, mais s’il y en avait, elles seraient parallèles aux longs axes des roches moutonnées.

Sites Web utiles :

Références

(anglais) Auteur inconnu. Joan Rankin - Recent Paintings. Communiqué