Terre, science et art

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Au pied des chutes Niagara
description

Au pied des chutes Niagara, 1890 – aquarelle sur papier, 27,3 x 42,5 cm

Avec cette aquarelle du pied des chutes du Niagara, provenant de la collection de la MacKenzie Art Gallery, Henry Martin a capturé une vue de l’un des endroits les plus visités, les plus peints et les plus photographiés au monde. La plupart des images des chutes dépeignent l’immensité de la chute vue d’en haut. Martin rend une vue moins courante : celle du pied des chutes où se précipite l’eau rugissante. Peut-être essayait-il de mettre l’accent sur son respect, mêlé de crainte, pour l’élément de peur inhérent à la représentation de la puissance des chutes.

Les chutes Niagara sont l’un des paysages les plus spectaculaires créés par la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans. La nappe glaciaire continentale qui recouvrait cette région de l’Amérique du nord a creusé les Grands Lacs et la rivière Niagara qui relie les lacs Érié et Ontario. Lorsque la glace a reculé, le secteur supérieur des Grands Lacs s’est vidé dans la rivière Niagara où trois formations rocheuses différentes ont formé les chutes.

Horseshoe fallsLa formation rocheuse supérieure est composée de calcaire et de dolomite qui résistent à l’érosion. Sous cette roche couverture se trouvent des couches moins résistantes de schiste argileux et de grès fin qui s’érodent plus rapidement que le calcaire. Éventuellement, le fleuve a érodé les couches plus tendres sous le toit imperméable découpant ainsi les chutes. Le mot «Niagara» vient d’un mot Iroquois qui signifie « Tonnerre des eaux ».

En été, au cours de la saison de pointe, 168 000 mètres cubes d’eau par minute se déversent dans les chutes, d’une hauteur de 167 pieds (environ 50 mètres), du sommet des chutes du Fer à cheval jusqu’à la gorge de la rivière. Le débit moyen est d’environ 112 000 mètres cubes par minute. Cet extraordinaire volume d’eau a érodé les parois des chutes qui se trouvaient à l’origine près de Queenston, en Ontario et de Lewiston, New York, plusieurs miles au sud. Des ingénieurs ont ralenti la vitesse de l’érosion, mais le processus naturel se poursuit.

Les chutes Niagara sont une ensemble de chutes: la chute canadienne du Fer à cheval, les chutes américaines et la chute du Voile de la mariée. Des visiteurs curieux sont venus voir les chutes au 18e siècle et l’avènement du chemin de fer a amené de plus en plus de touristes sur le site. Dès la seconde moitié du 19e siècle, les chutes Niagara sont une destination de voyage et de lune de miel de choix.

Même il y a 150 ans, tout le monde n’était pas partisan de la commercialisation des chutes. William Francis Butler, un officier de l’armée anglaise qui a beaucoup écrit au sujet de ses voyages à travers l’immensité de l’Ouest canadien décrivait sa visite aux chutes, en 1869, en ces termes :

 

« C’était au début du mois de septembre, trois ans avant la période dont je parle maintenant, que j’ai visité cet endroit célèbre. La saison battait son plein : les touristes faisaient les chutes et les vendeurs ambulants racolaient les touristes. Des couples de jeunes mariés se comportaient de la manière démonstrative caractéristique de telles personnes au Nouveau monde. … Niagara était vraiment un endroit à fuir instinctivement.» (Butler, 1872)

 

American FallsL’opinion de Butler était manifestement minoritaire. La Commission des parcs du Niagara, (Niagara Parks Commission) qui gère l’endroit, doit constamment, même aujourd’hui, relever des défis pour maintenir la beauté naturelle de la région face aux toujours plus neufs et plus gigantesques hôtels monstrueux, casinos, tours d’observation, musées de cire et autres développements qui vont de pair avec le tourisme à grande échelle.

Martin a peint une vue de la base des chutes américaines qui est plus facilement accessible à pied que la chute du Fer à cheval. Au premier plan, il a dépeint un éboulis de pierres (talus) qui se sont accumulées au pied des chutes. Depuis 1890, date à laquelle Martin a peint cette scène, il y a eu de nombreuses chutes de pierres y compris, en 1954, un effondrement spectaculaire à Prospect Point; pour un humain cela représente pas mal de temps, mais en temps géologique, c’est insignifiant.

additional resources Matière à réflexion
  • Les gens sont fascinés et attirés par des chutes. Selon vous, pourquoi?
  • Consultez le site Web ‘Naturally Beautiful Waterfalls of the World’. Selon vous, qu’est-ce qui fait la beauté d’une chute? Selon cette définition, Au pied des chutes Niagara de Martin est-elle belle?
  • Lorsque Martin a peint Au pied des chutes Niagara en 1890, il a peint la beauté naturelle des chutes comme il les a vues à l’époque. Il aurait peut-être des difficultés à peindre la même scène aujourd’hui avec des sentiers, bateaux d’excursion et d’autres développements touristiques gâchant la vue. Les chutes sont aujourd’hui illuminées la nuit avec des projecteurs aux couleurs artificielles. Pensez-vous qu’il s’agit là d’un exemple de progrès? Justifiez votre réponse.
  • De nos jours, les gens font la queue et dépensent beaucoup d’argent pour tourner, pivoter à toute vitesse, pour être lancé en l’air ou lâché dans des mares d’eau sur les manèges de fêtes foraines estivales. Est-ce ce désir d’avoir une peur bleue qui a abouti au concept du sublime ou bien est-ce
* Science Behind the Art *

Fran Haidl

Le tableau de Martin, Au pied des chutes Niagara, représente les chutes américaines sur la rive est de la rivière Niagara; le regarde est dirigé vers le sud-ouest. Les deux personnes se trouvent sous Prospect Point aux États-Unis, en amont de la position actuelle du Rainbow Bridge. Elles marchent à travers des blocs de dolomite qui sont tombés du haut de la chute.

Le développement des chutes américaines et canadiennes qui, jusqu’à il y a de 600 à 800 ans ne faisaient qu’une, a commencé à la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 12 000 ans. Au fur et à mesure que fondaient les glaciers, l’eau prisonnière des lacs glaciaires a commencé à passer par-dessus l’escarpement de Niagara via le fleuve Niagara. L’escarpement est la falaise sur le flance d’une crête d’une crête composée de couches rocheuses légèrement inclinées qui se sont déposées dans une mer intérieure chaude il y a de 450 à 425 millions d’années. Dans la région de Niagara, la crête et l’escarpement lui-même sont couverts de dolomite, une roche sédimentaire résistante vieille d’environ 425 millions d’années. Sous cette dolomite dure se trouve un lit de schiste argileux qui est plus vieux de quelques millions d’années que la roche couverture. Lorsque ces couches sont exposées à des forces d’érosion, le schiste argileux s’érode beaucoup plus facilement que la dolomite de couverture. Ceci entraîne la disparition du schiste argileux sous la dolomite, ce qui à son tour entraîne l’effondrement de portions de la couche couverture de dolomite. C’est ce processus qui est en grande partie Ià l’origine de la formation des chutes et de l’incision des gorges du Niagara. En amont, les chutes se sont érodées rapidement – environ 11 kilomètres en 12 000 ans. La présente vitesse d’érosion a été ralentie par la déviation de l’eau vers des centrales électriques aux États-Unis et au Canada. Au débit de pointe, 170 000 mètres cubes d’eau par minute franchissent les chutes américaines et canadiennes. Normalement, le débit est de 110 000 mètres cubes par minute.

Si ce tableau était peint aujourd’hui, le profil de Prospect Point serait différent et l’amas de blocs de dolomite au pied des chutes américaines serait plus grand puisqu’en 1931, et de nouveau en 1954, d’énormes pans de roches se sont détachés de Prospect Point projetant des blocs, dont certains étaient de la taille d’une maison, dans les gorges du Niagara. Plus tard cette année-là, d’autres blocs sont venus s’y ajouter lorsqu’on a fait sauter à la dynamite des sections de Prospect Point en position précaire à la suite de l’effondrement. En 1969, le U.S. Army Corps of Engineers a interrompu le flot des chutes américaines pour tenter d’enlever les blocs qui étaient tombés et renforcer la paroi rocheuse. Ils ont découvert qu’en fait les blocs soutenaient la paroi verticale et les enlever aurait accéléré la vitesse de l’érosion. Ils les ont donc laissés en place.

Plus d’information disponible aux sites Web suivants :

Références

(anglais) Bell, Michael. Painters in a New Land: from Annapolis Royal to the Klondike, McClelland and Stewart, Toronto, 1973. (citation tirée de The Great Lone Land de Butler)

(anglais) “Sites/Sights in Canadian Art,” Une exposition du programme communautaire de la Norman Mackenzie Art Gallery, Regina, 1981. p. 15.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning