Terre, science et art

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Manitou Beach
description

Manitou Beach, sans date – huile sur carton, 23,3 x 30,5 cm

Manitou Beach est l’une de plusieurs pièces de Luthi qui se trouvent dans la collection permanente de la MacKenzie Art Gallery. Elle dépeint une scène de la station thermale de Manitou Beach, une destination prisée par ceux qui cherchent à guérir de différents maux.

La densité particulière de l’eau du lac Petit Manitou se rapproche de celle de la mer Morte, ce qui signifie que, si l’envie vous prend, vous pouvez vous allongez sur le dos et lire le journal. L’eau contient également des minéraux qui semblent apporter du soulagement aux personnes souffrant de rhumatisme, d’arthrite et de maladies de peau tout comme les eaux d’autres endroits dans le monde tel Carlsbad (Karlovy Vary) en République tchèque.

Le lac Manitou s’est formé il y a environ 11 000 ans lorsque les derniers glaciers qui ont sculpté le paysage des Prairies ont disparu. Dans le cas de ce lac, le glacier en recul n’a laissé aucun dégorgeoir pour l’eau de fonte. Le lac a été alimenté surtout par des sources d’eau souterraine et au fur et à mesure que l’eau s’est évaporée, la concentration de sel a augmenté au fil du temps. Les Autochtones ont vite découvert les propriétés uniques du lac et lui ont donné le nom du Grand Esprit en reconnaissance des qualités thérapeutiques de ses eaux.

C’est au cours des années 1920 que Manitou Beach a commence à être en vogue auprès des touristes et elle continue à attirer des gens du monde entier. Dans cette peinture non datée, Luthi donne une vue plongeante sur la petite ville thermale nichée dans la vallée et le long lac étroit qui fait de l’endroit une destination populaire.

On voit la verdure sur le versant de la colline qui mène à la ville avec Danceland, une attraction touristique importante sur la gauche. On voit aussi d’autres bâtiments, mais c’est là la seule évidence de la foule qui visite cet endroit. Plutôt que de nous montrer l’animation engendrée par l’activité humaine un jour d’été, Luthi nous présente une vue agréable donnant sur Manitou Beach.

additional resources Matière à réflexion
  • Quelle est votre réaction en voyant Manitou Beach pour la première fois? Cela vous donne-t-il envie de visiter l’endroit? Justifiez votre réponse.
  • Cherchez de l’information au sujet d’autres endroits autour du monde où les eaux sont salées ou bien ont des propriétés thérapeutiques. Cela peut inclure la mer Morte, le Grand Lac Salé dans l’Utah, Carlsbad et la ville qui a donné son nom cette culture thermale, Spa, en Belgique.
* Science Behind the Art *

Manitou Beach d’Ernest Luthi : une histoire géologique et culturelle vieille de 11 500 ans - Jack Mollard

Il y a environ 18 000 ans, la nappe glaciaire continentale du Canada qui s’étendait jusqu’à dans le nord du Montana commence à fondre. Il y a 11 500 ans, son front glaciaire est remonté jusqu’aux alentours de Saskatoon, en Saskatchewan. C’est à peu près à cette époque que les eaux de fonte glaciaires, retenues par un mur de glace glaciaire, créent un vaste lac proglaciaire temporaire nommé lac glaciaire de Saskatoon. Ses eaux montantes se sont déversées par-dessus une ligne de partage des eaux et se sont écoulées vers l’est, vers ce qui est aujourd’hui le lac Manitou. Ce que nous voyons dans le tableau de Luthi est l’extrémité est de Manitou Beach sur ce chenal évacuateur du lac glaciaire de Saskatoon. Certains géologues pensent que la vallée aujourd’hui occupée par le lac Manitou a peut-être été érodée à l’origine par des eaux de fonte glaciaires s’écoulant dans un tunnel sous la marge glaciaire, créant un bassin lacustre fermé sans dégorgeoir. Pendant plus de 10 000 ans, le lac Manitou a été alimenté presque entièrement par des sources souterraines contenant beaucoup de sels dissous : sulfates de magnésium, calcium et potassium, bicarbonate de magnésium et chlorure de sodium (sel de table ordinaire). Au fil du temps, l’effet de concentration provoqué par l’évaporation de l’eau du lac a laissé un lac très salé qui porte si bien qu’un nageur peut flotter tout en lisant son quotidien.

Les Autochtones du Canada ont vite découvert les qualités thérapeutiques des eaux du lac Manitou. Ils venaient de partout et parcouraient souvent de grandes distances pour faire disparaître leurs maux en s’y baignant. Le lac Manitou, nommé en l’honneur du Grand Esprit, était pour eux un lieu de paix où on pouvait guérir. Au fil des ans, des tribus autochtones en état de guerre venaient au lac Manitou pour guérir et pour prier sur ses rives. On dit qu’il n’y a jamais eu de bataille tribale au lac Manitou. Au début du 20e siècle, les colons blancs ont à leur tour découvert les qualités thérapeutiques et récréatives des eaux du lac et ont commencé à construire une station thermale, connue sous le nom du Carlsbad de l’Amérique d’après la station thermale célèbre de la République tchèque. À la fin des années 1920 et au début des années 1930, la population de Manitou Beach passait, pendant une fin de semaine d’été, de 200 à plusieurs milliers. Des trains entiers de vacanciers venaient d’endroits aussi éloignés qu’Edmonton, en Alberta, Saskatoon, et Winnipeg, au Manitoba. Avant que ne commence la Crise économique de 1929, les promoteurs immobiliers de Manitou Beach avaient construit des hôtels (le Tourist Hotel, à droite sur le tableau), plusieurs établissements thermaux, deux immenses piscines chauffées couvertes (White’s Pool est au centre du tableau), trois dancings où on pouvait danser au son d’un orchestre, y compris Danceland, de réputation internationale (à gauche, dans le tableau) dont le sol était posé sur quatre pouces de crin de cheval pour qu’il puisse monter et descendre avec le mouvement des danseurs. C’est pour venir peindre ce paysage splendide qu’au début des années 1930, Ernest Luthi a parcouru 115 km à bicyclette sur des chemins de terre et des routes gravillonnées.

Références

(anglais) Anderson, Jack. ‘Ernest Luthi.’ Encyclopedia of Saskatchewan. Extrait d’Internet le 13 juin 2008 à : http://esask.uregina.ca/entry/luthi_ernest_1906-83.html

(anglais) Archer, John H. Saskatchewan: A History. Saskatoon, Saskatchewan: Western Producer Prairie Books, 1980.

(anglais) Grant, R. Murray. ’An Appreciation.’ Kramer News, Regina, 1984.

(anglais) Newman, Marketa. Biographical Dictionary of Saskatchewan Artists: Men Artists. Saskatoon, Saskatchewan: Fifth House Publishers, 1994.

(anglais) Philips, Carol A. Ernest Luthi: 1906-1983. Catalogue d’exposition. MacKenzie Art Gallery, Regina, Saskatchewan, 1984.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning