L'artisanat: une nouvelle définition

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Cabinet
description

En 1990, dans une entrevue, Gladwell déclare : «Les meubles sont pour moi l’occasion de travailler la forme, la ligne, la surface et le matériau de façon imaginative et de manipuler ces éléments afin d’obtenir des effets qui nous emmènent au-delà du rôle de l’objet en tant que table ou cabinet et qui déclenchent des associations avec nos expériences et fantaisies personnelles.Trad.» (Morgan, 1990)

Dans cette pièce, Cabinet, tirée de la collection de la MacKenzie Art Gallery, Gladwell a créé une forme sculpturale extraordinaire et spectaculaire. Comme il le dit dans une entrevue de 1986, «Je m”intéresse au contraste et aux contradictions, et aux choses qui sont plus que ce qu’elles semblent être au premier coup d’œil, qui ont une forte présence.» (Danica, 1986)

Le cabinet lui-même est suspendu dans le vide et attaché par les quatre coins à quatre aiguilles qui se dressent verticalement en s’amenuisant à partir de la base. Le regard est attiré vers le haut, puis en cercle, de l’avant vers l’arrière, en raison de l’allongement progressif des aiguilles. Ceci crée une impression dynamique et suggère un équilibre asymétrique. À aucun moment Gladwell ne tente de cacher le carton; en fait il s’en sert pour ajouter texture et intérêt à la surface de la pièce.

L’espace négatif qui se trouve sous le cabinet et au-dessus de la base agit comme une plinthe ou un piédestal. Il a une présence et bien qu’il ne soit « rien », il définit l’espace, confère une légèreté au cabinet et fait partie intégrante de l’ensemble.

Le cabinet est d’un bleu sarcelle métallique chaud, tandis que les pieds et les détails sont d’une valeur plus foncée. Gladwell a ajouté de l’aluminium à son vernis et l’a pulvérisé à partir du haut du cabinet, ce qui accentue encore plus la surface du carton car la peinture n’a atterri que sur les points les plus élevés de la surface et non pas dans les légers renfoncements.

Le carton donne à Gladwell la possibilité de travailler rapidement durant la construction initiale du meuble. Il lui permet d’expérimenter et de prendre des risques car la nature même du matériau bon marché réduit la peur de commettre des erreurs qui, s’il se servait de bois, pourraient s’avérer coûteuses. Si le créateur n’est pas satisfait de la façon dont les choses progressent, les éléments peuvent facilement être modifiés et cela donne une forme plus spontanée, moins statique.

En voyant un meuble en carton pour la première fois, certains peuvent trouver que c’est une idée amusante et juger qu’il a moins de valeur qu’un meuble en bois. Gladwell n’est pas de cet avis: « Le savoir-faire n’est pas dans le matériau mais dans ce qu’on en fait. Traditionnellement, on a tendance à penser d’un meuble, qu’il soit fabriqué en usine ou produit d’artisanat, que si « c’est du bois massif, c’est donc un bon meuble ». Ce genre de meuble a généralement un style atroce et pourtant on accepte cette idée sans réfléchir. Je dis, oui, d’accord, ce n’est que du carton mais ça va durer aussi longtemps que votre table IKEA, et puis vous ne trouvez pas que ça a une présence, de l’intégrité et un petit caractère amusant?Trad.» (Danica, 1986)

Gladwell puise information et inspiration pour ses pièces en observant l’architecture de son environnement urbain. Il analyse les proportions et la façon dont les composantes d’un édifice sont reliées entre elles pour créer un tout harmonieux. Son propre espace de vie et son corps peuvent également l’inspirer dans son travail. Dans une entrevue avec W.P. Morgan, Gladwell dit que son inspiration est peut-être aussi « [une] réaction à un espace particulier et parfois à un motif de décoration intéressant.» (Morgan 1990)

Gladwell décrit ses œuvres comme «meubles de studio» et leur titre indique ce qu’elles sont (Cabinet) et l’année où elles sont créées (1987). Il laisse le spectateur libre d’établir toute autre association. On trouve ces oeuvres uniques, non traditionnelles et minutieusement travaillées dans de nombreuses collections et demeures au Canada et aux États-Unis.

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Matière à réflexion
  • Cette pièce est-elle un meuble ou une sculpture? Qu’est-ce qui différencie les deux?
  • De quels mots vous serviriez-vous pour décrire ce cabinet? Ressemble-t-il au style de l’ère spatiale? Est-ce que tous les meubles/demeures du futur pourraient avoir des composantes en carton? Pouvez-vous établir des liens avec les matériaux dont on s’est servi dans le design automobile au cours des cent dernières années?
  • De quelle façon le cabinet reflète-t-il ou imite-t-il un être humain et des qualités humaines?
  • Au cours des cent dernières années, en quoi le style et les matériaux de fabrication des meubles ont-ils changé? Voici quelques liens à des sites web qui parlent des diverses périodes de styles des meubles et qui en montrent des exemples.
  • Gladwell vit à Regina, en Saskatchewan, un endroit où l’expressionnisme abstrait, l’art populaire, le Pop et le Funk ont une influence importante. Comment classeriez-vous les oeuvres de Gladwell? Justifiez votre réponse.
  • L’auteur Matthew Kangas déclare:« Gladwell nous ment tout le temps, nous taquine et nous dupe pour nous amener à penser que les formes volumineuses et les surfaces métalliques qui brillent sont en fait cosmétiques et superficielles …» (Kangas 1993) Partagez-vous cette opinion? Peut-on parler de trompe l’oeil?
  • Quelles sont les similarités entre la fabrication d’un meuble et d’un vêtement?
  • Dans une entrevue avec W.P. Morgan, Gladwell déclare : « Je me sers souvent du corps humain comme principe d’organisation dans mes travaux. Ce n’est pas direct, mais plutôt quelque chose de subconscient et cela donne au spectateur un point d’entrée et lui fournit un certain sentiment de sécurité vis-à-vis de l’oeuvre. Mais cela enrichit aussi notre manière d’aborder ces espaces intérieurs, Cela éveille notre curiosité. Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur de ce cabinet? Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur de nous? L’espoir et les fantasmes résident derrière les portes et dans les tiroirs de ces espaces intérieurs d’apparence puissante.Trad.» (Morgan 1990) Réfléchissez aux idées que Gladwell présente ici.
  • Vous pouvez voir dans l’œuvre de Gladwell l’influence des premières recherches sur la création de meubles de l’architecte canadien Frank O. Gehry De 1969 à 1973, Gehry réalise des meubles en carton. Puis, jusqu’en 1982 et au-delà, il adopte une construction plus volumineuse, plus rude. Observez certaines des pièces de Gehry et comparez-les au style de Gladwell.
Références

(anglais) Danica, Elly.  ‘Brian Gladwell.’  The Craft Factor, Printemps 1986, Vol11, No 1.

(anglais) Ebbels, Virginia.  ‘Cindy Cwelos/Brian Gladwell.‘  Craft Factor, Été 1987 pp 34-5.

(anglais) Kangas, Matthew.  Brian Gladwell: Twelve Works. Catalogue d’exposition. Mendel Art Gallery, Saskatoon, Saskatchewan, 1993.

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