L’ordinaire

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Sans titre (motif mordillé sur écorce de bouleau)
description

Les motifs mordillés sur écorce de bouleau, ou « wigwas mamacenawejegan » en ojibway, sont une des formes les plus anciennes de l’art autochtone. Ils sont réalisés en pliant une fine feuille d’écorce et en la mordillant pour marquer ou performer la surface. Une fois dépliée, la feuille d’écorce révèle un motif symmétrique. Un petit motif peut prendre seulement deux à trois minutes. À l’origine, les motifs servaient à expérimenter des idées ou bien de modèles qui pouvaient être reproduits sous forme de broderies perlées. Une fois utilisés, ils étaient jetés.

Merasty devait d’abord trouver des écorces de bouleau souples, sans nœud, et facilement séparables. Ensuite, elle devait plier deux ou trop fois une feuille qu’elle avait séparée puis mordiller le motif en allant du centre du pli vers les bords. Les images qui en résultaient étaient forcément symmétriques et toutes uniques en leur genre.

Avant de commencer à mordiller l’écorce, Merasty devait imaginer et formuler dans sa tête ce qu’elle voulait représenter. Pour que l’empreinte de l’image soir réussie et pour que le motif se développe correctement, il fallait faire bon usage de ses canines supérieures. Elle avait développé sa technique à un tel point qu’elle était capable de mordiller le motif du début à la fin sans jamais vérifier comment elle progressait. Ses premiers motifs étaient de nature plus géométrique mais lorsqu’elle a trouvé son propre style, elle a commencé à réaliser des images d’animaux et de fleurs. Ses travaux mesurent de 7,5 à 25 cm car il est difficile de trouver de bons morceaux d’écorce de bouleau. On trouve la meilleure écorce de bouleau au printemps qu’avant de commencer, il faut séparer en couches fines. Les ‘transparents’ sont réalisés à partir d’écorce préparée tout spécialement qu’on replie. On voit le motif qu’ils renferment quand on les place devant une source de lumière.

Selon Heather Dyck, « chaque motif mordillé est unique parce que les morsures, les répétitions et les pliages sont, chaque fois, différents. Le motif est terminé quand on peut l’élever vers le soleil pour que l’écorce prenne un ton doré en se réchauffant et que la lumière perce à travers les centaines de perforations. » Les produits finis, qui ressemblent à des broderies ou des napperons, sont très recherchés par les collectionneurs du monde entier. (Dyck, 2000).

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