La coexistence

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Un homme viendra chercher ce bois demain
Chez mon grand-père à Red Pheasant
description

Dans ces deux peintures de la collection de la Mendel Art Gallery, Sapp nous présente des scènes de la vie quotidienne sur la réserve Red Pheasant. Les titres sont composés de mots de tous les jours.

Sapp capture la lumière singulière du ciel hivernal de la Saskatchewan.  Dans Un homme viendra chercher ce bois demain, un cheval tire un chargement de billots à travers un bois de trembles dans un paysage enneigé sous un ciel bleu pâle. Le ciel crépusculaire dans Chez mon grand-père à Red Pheasant  domine le paysage dans lequel un autre homme avec son chargement de billots arrive chez lui et est accueilli par un homme à cheval et un chien. 

Ces scènes qui décrivent des moments figés dans le temps sont des fenêtres sur des événements précis et une culture en particulier, celle des Cris des bois du nord-est de la Saskatchewan. On pourrait croire que ce sont des représentations nostalgiques parce qu’elle décrivent de façon simple la vie dans des temps plus simples. Cependant, si on les examine de plus près, on se rend compte que Sapp a omis des détails et des textures fines pour créer des tableaux qui sont intentionnellement impressionnistes et simples.

Dean Bauche, directeur de la Allen Sapp Gallery, dit que Sapp « a distillé les événements pour en retenir les éléments essentiels qui nous interpellent en tant qu’humains. » (Polkinghorne, 2006). Bauche ajoute que les Aînés perçoivent des couches multiples d’information historique et culturelle dans ces tableaux. Selon lui, la profondeur culturelle des œuvres de Sapp alliée à leur accessibilité en font des ponts qui relient les humains.

Bob Boyer, commissaire d’exposition pour une rétrospective majeure de l’œuvre de Sapp qui fait le tour du Canada en 1994 et 1995, dit que le but de cette exposition est de changer les perceptions qu’on a de Sapp. « Les critiques et les universitaires refusent depuis longtemps d’accepter que ce qu’il fait est de l’art contemporain de qualité. Je pense que la plupart des conservateurs et des critiques du 20e siècle croient que l’angoisse existentielle (angst) est l’étalon qui sert à mesure la valeur d’une œuvre. Les œuvres d’Allen n’affichent aucune angoisse, elles sont réconfortantes. C’est du très beau travail. » (Dafoe, 1995)

additional resources Matière à réflexion
  • Selon Bob Boyer, l’ami de Sapp, c’est parce qu’il est réservé que cela fait de lui une cible facile pour ceux qui abordent son œuvre selon une perspective anthropologique. Ils évaluent Sapp sur la base de ses origines culturelles plutôt que selon le mérite de ses œuvres. Selon vous, comment devrait-on évaluer une œuvre d’art?
  • Boyer dit que les peintures de Sapp sont réconfortantes et qu’elles sont du beau travail. Voyez-vous ces qualités dans les peintures de Sapp? Si oui, qu’est-ce qui leur confère ces qualités?
  • Allen Sapp n’a jamais appris à lire ou à écrire mais Bob Boyer fait remarquer: « Je pense que la peinture est le moyen de communication d’Allen. » Faites une liste des diverses façons dont la peinture peut communiquer avec les observateurs.
  • Il y a quelques décennies encore, les normes pour juger de la qualité d’œuvres d’art étaient établies par des critiques et des conservateurs européens ou nord-américains. Ils représentaient ceux-là mêmes qui avaient bouleversé et renversé le mode de vie traditionnel des peuples autochtones et qui avaient imposé le système des réserves aux Premières nations.  C’est ainsi que l’histoire et la politique ont fait partie du débat sur les œuvres des artistes autochtones. Selon vous, la politique et l’histoire ont-ils une place dans l’évaluation des œuvres des artistes autochtones ou même de tout artiste?
  • Ce n’est que depuis environ trente ans que l’art autochtone est exposé dans des musées consacrés aux beaux arts plutôt que dans les musées d’ethnographie . De nombreux artistes autochtones ont préconisé ce changement et considèrent que le virage vers les musées des beaux-arts est une victoire. Qu’en pensez-vous? Pourquoi pensez-vous que ce changement est significatif?
Références

(anglais) Auteur inconnu. « Allen Sapp: Native Artist », Native Art in Canada.  Capté sur Internet le 16 avril 2008 à : http://www.native-art-in-canada.com/allensapp.html.

(anglais) Auteur inconnu.  « Allen Sapp’s Story »,  Allen Sapp Gallery.  Capté sur Internet le 16 avril 2008 à : http://www.allensapp.com/allen.htm.

(anglais) Auteur inconnu.  « Sapp’s works portray a simpler time », Regina Leader-Post, 16 octobre 2001.

(anglais) Auteur inconnu. « Allen Sapp honoured for art work », Regina Leader-Post, 12 novembre 2003.

Bauche, Dean.  « Sapp, Allen », L’Encyclopédie canadienne.  Capté sur Internet le 16 avril 2008 à : http://www.canadianencyclopedia.ca/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0007147

(anglais) Bauche, Dean, Lyndon Tootoosis et Lorne Carrier.  « Through the Eyes of the Cree: The Art of Allen Sapp ».  Catalogue d’exposition.  Allen Sapp Gallery, North Battleford, Saskatchewan, 2005.

(anglais) Brennan, Brian.  « Homage: Allen Sapp », Galleries West, printemps 2007.

(anglais) Dafoe, Chris.  « Allen Sapp: communicating on canvas », Globe and Mail, 16 janvier 1995.

(anglais) Newlands, Anne.  Canadian Art from its Beginnings to 2000.  Willowdale, Ontario Firefly Books, 2000.

(anglais) Pokinghome, Skilas. « Real, live legend ». Regina Leader Post, 13 juin 2006.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning