Artiste et activiste

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Tenue de traité
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description

«On a commence à s’intéresser à moi parce que j’étais sarcastique et impolie…Les gens aiment les Indiens impolis pour une raison quelconque, alors on acquiert un certain cachet à être impoli. Trad »-Ruth Cuthand

Ruth Cuthand n’a pas tort. Son oeuvre Tenue de traité qui date de 1986 est impolie, mais de la meilleure façon possible. Pour la faire, elle prend des parties des drapeaux américain et britannique, les réarrange et les coud ensemble. Pourtant les points de couture ne sont pas impeccables. Les pièces sont cousues à la va-vite, plus pour le besoin que pour faire beau. Malgré tout, elles se combinent pour arriver à former une tenue.

British flag american flag

On peut interpréter cette œuvre comme étant un portrait du Canada. Coincé entre l’impérialisme américain et l’impérialisme britannique, le jeune pays est forcé de tracer sa propre voie- qui pourrait être aussi un impérialisme qui lui est particulier. Fait de bouts rapiécés d’autres pays, le pays que propose Tenue de traité est comme le monstre de Frankenstein : une mixture d’ingrédients et d’idéaux à demi-ressuscités qui, pour finir, n’arrivent pas à s’accorder. Le Canada comme un monstre, voilà une idée bien impolie!

Cette impolitesse ne vient pas d’un manque de considération. En fait, c’est parce qu’elle considère soigneusement les politiques et l’histoire que Cuthand peut se permettre d’être si « impolie ». Les politiques qu’a instaurées le Canada pour les peuples autochtones, le fait qu’il alterne entre application et ignorance délibérée de ses propres traités, tout cela suggère même que le Canada est un pays où l’impolitesse n’est pas simplement possible mais est aussi une caractéristique nationale déterminante.

«Je travaille à une série d’images de chemise/tenue depuis 1983. Elles ont leurs racines historiques dans la Danse des esprits de la fin du XIXe siècle. Au fil des ans, les images sont arrivées à représenter les vêtements de l’âme. L’image sert à visualiser le grand mystère de la vie dans chacun d’entre nous. En 1985, quand j’étudiais au Montana, j’ai commencé à coudre des toiles. Les coutures et le mouvement lâche de la toile renforcent l’image de la tenue. Trad. » (Cuthand, 1988)

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Matière à réflexion
  • En pensant à la manière dont Cuthand qualifie son attitude d’«impolie», regardez d’autres oeuvres politiques sur le site Web d’ARTSask ou dans d’autres endroits ( autres sites ou galeries). Y a-t-il des œuvres politiques ou même pleines de colère qui expriment autre chose que l’impolitesse? Quelle autre attitude peuvent définir ces autres œuvres ?
  • Trouvez une autre lecture de l’oeuvre. Au lieu de l’interpréter comme un portrait du Canada, comme on le suggère plus haut, que pourrait représenter cette oeuvre? Pourrait-il s’agir d’une personne ou d’un événement?
  • Ruth Cuthand est canadienne et pourtant a choisi de n’utiliser que les drapeaux américain et britannique pour faire l’oeuvre. Pourquoi, selon vous?  
  • Quelle est votre relation envers les traits signés entre le Gouvernement du Canada et les Premières Nations? Jouent-ils un rôle dans votre vie? Avez-vous un rôle à jouer dans la façon dont ils sont interprétés? Pour en savoir plus sur les traités que le Canada a signés avec les peuples autochtones, consultez :
Références

(anglais) Auteur inconnu.  ‘Beyond Words: Gilbert Boyer, Ruth Cuthand and Elizabeth MacKenzie, Paul de Guzman, Nelson Henricks, Kelly Mark. Nadia Myre, Sylvia Ptak, Rober Racine.’  Indepth Art News, Bishop’s University Art Gallery, Lennoxville, Québec. En ligne à:  http://www.absolutearts.com/artsnews/2004/09/15/32368.html

(anglais) Cuthand, Ruth.  ‘S. Ruth Cuthand.’ Saskatchewan Indian, Indian Art Supplément, juillet/août 1988.  En ligne à:  http://www.sicc.sk.ca/saskindian/a88jul07ias.htm

(anglais) Ministère de l’Éducation (Saskatchewan).  Grade Three Visual Art Unit Overviews, Unit 4:  Government curricula on Treaty Dress.  En ligne à:  http://www.sasked.gov.sk.ca/docs/artsed/g3arts_ed/art/unit4.html

(anglais) Sinkewicz, Paul.  ‘Ruth Cuthand:  artist uses interesting methods to make her point.’  Saskatchewan Sage, Mai 1999.  En ligne à Aboriginal Faces of Saskatchewan:  http://www.sicc.sk.ca/faces/wcuthru.htm

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