Tout sur Ève

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L’enterrement d’Ève
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description

Les objets trouvés dont Townsend se sert dans sa pratique rappellent l’oeuvre de Marcel Duchamp et le mouvement connu en histoire de l’art sous le nom de Dadaïsme, mouvement où les artistes choissent des objets et des images de la culture populaire pour choquer le spectateur et remettre en question sa perception de l’art et du monde. Monika Gagnon confirme la place de Townsend dans ce mouvement quand elle écrit que L’enterrement d’Ève «…suit la tradition de l’objet trouvé, modifiant la fonction de l’objet culturel tout en remettant en question le sens de l’objet d’art par le moyen de son exécution formelle et de son éloignement de "l’expression".» (Gagnon, 1986)

Commentant le choix et la combinaison d’objets, le critique Ted Fraser fait la remarque que « Townsend choisit pour ses sculptures des objets issus de divers modes de production – ménagère, agricole, esthétique – et les fait converger pour formuler une nouvelle iconographie féminine. » (Fraser, 1989) Renee Baert commente aussi les objets juxtaposés de Townsend, les décrivant comme «..des objets trouvés évocateurs placés dans de nouvelle relations subversives.» (Baert, 1992)

Les juxtapositions d’objets de Townsend sont conçues pour provoquer le spectateur. Ted Fraser déclare: « Elle] fait du spectateur un collaborateur.» (Fraser, 1989) Et, comme suite au décodage de son oeuvre, un article décrit au sujet de Diagonales Montréal, dit que «Le sens de l’œuvre est difficile à saisir; parce que la subjectivité de chaque spectateur est réactivée, les possibilités d’interprétation sont multiples.»” (Diagonales Montreal, 1992)

Renee Baert décrit ainsi le choix précis des images dans l’oeuvre présentée ici : « L’enterrement d’Ève établit une relation entre deux éléments discordants: un anneau d’or délicat et brillant et une pelle prosaïque en métal vil et bois grossier, l’anneau fait pour un doigt de femme et la pelle inversée droite comme un phallus. Ces relations ne sont ni dialectiques, dans le sens que les éléments en conflit trouvent une résolution dans un troisième terme, ni ne sont des oppositions binaires, liées ensemble comme des compléments; elles sont plutôt le site d’une confrontation et la réverbération de significations. » (Baert, 1992)

Dans son commentaire, Monika Gagnon donne d’autres perspectives sur L’enterrement d’Ève et les messages communiqués dans l’oeuvre: « Une vieille pelle est pendue à l’envers, une alliance en or encastrée dans la partie concave de la pelle. Si chaque objet a un sens fonctionnel précis en lui-même, les rapports entre ces objets entraînent une succession de relations différentielles créées par la culbute de leurs significations culturelles. Les deux objets, la pelle servant à creuser (plus précisément à enterrer comme le titre le suggère), et l’alliance, symbole de mariage, deviennent engagés dans des dialogues tragiques : ceux de l’amour et du labeur, du mariage et de la mort, de l’enterrement et de l’asservissement. De nouveaux sens sont créés qui autrement resteraient inexplorés par l’objet lui-même. » (Gagnon 1986)

Poursuivant son commentaire, Gagnon note que « Le titre renvoie à Ève, attribuant une lecture sexualisée dans la mesure où il y a une allusion au fardeau du péché originel qui pèse sur la Femme comme étant ‘enterré’ ou couvert par le mouvement de l’oeuvre. En cela, la construction problématique du mythe et la question de propriété en ce qui touche le corps féminin mythique sont mis en avant comme des couches de significations à lire dans cette œuvre. »(Gagnon, 1986)

Renee Baert fournit une perspective différente: « Le titre de l’oeuvre ajoute à son ambiguïté: Ève, la première femme, est-elle enterrée une autre fois, ou bien, est-elle, dans cette œuvre féministe, déterrée ? » et Baert d’ajouter qu’ « au cours de sa carrière, Townsend a créé des œuvres qui résonnent de tels paradoxes. » (Baert, 1992)

Tout en renvoyant directement à la sexualité et aux relations homme/femme, l’œuvre ne parle pas en faveur d’un genre précis. L’interprétation de Renee Baert est que «…bien que les sculptures de Townsend émettent des conjectures sur la sexualité masculine, elles ne peuvent être rattachées à une lecture spécifique: elles se déclarent sexuelles mais en aucun cas ne se déclarent liées à un sexe précis.» Elle cite Townsend : « Je recherche quelque chose qui est élusif. »(Baert, 1992)

additional resources Matière à réflexion
  • Monica Gagnon déclare au sujet de Métronome (une autre oeuvre dans une exposition consacrée à Townend ) et de L’enterrement d’Ève, “… Métronome et L’enterrement d’ Ève traitent implicitement des questions d’autorité ( celle-la parlant de mesurage, celle-ci de mythes et d’asservissement social.) (Gagnon, 1986) Êtes-vous d’accord avec que Gagnon pense de L’enterrement d’Ève?
  • Regardez l’oeuvre de Ryan Arnott Sans titre (Batteur à oeufs/Tournevis) #2 dans le thème Technobabil de SASKart . En quoi ressemble-t-elle à L’enterrement d’Ève? En quoi diffère-t-elle?
  • Cherchez le mot «enterrer» et pensez à ses différents sens en relation avec la sculpture de Townsend.
  • Croyez-vous que l’oeuvre de Townsend explore un endroit entre la présence et l’absence? Y a-t-il un lien avec la vie et la mort?
  • Quels sont les sens cachés sous la surface des objets dans L’enterrement d’Ève? Comment l’œuvre prend-elle en compte l’imagination et l’inconscient du spectateur ?
  • Quelel sorte de récit pourriez-vous composer au sujet de l’œuvre d’art?
  • Est-ce que l’oeuvre pourrait entraîner le spectateur vers le côté sombre du psyché humain?
  • « Les sculptures [de Townsend] sondent la perspective masculine de la transformation et du mythe pour mettre à jour le pouvoir socio-politique et la répression sexuelle qui sont voilés. » (Fraser, 1989) Voyez-vous cela dans l’oeuvre?
  • « Le mythe n’est pas sacro-saint et intemporel; il est vivant, charnel, injuste, tragique et comique. ». (Fraser, 1989) Les mythes ne sont-ils que des histoires se rapportant au passé? Peuvent-ils être vivants et intemporels ?
  • Renee Baert déclare: « L’oeuvre de Martha Townsend est en équilibre entre la frontière de la mémoire et le bord du langage. Cette position, à la fois conceptuelle et politique, est une position qu’elle défend depuis près de dix ans par une succession d’œuvres qui font preuve de subtilité dans leur force, de rigueur dans leur exécution et d’élégance dans leur jeu. » (Baert, 1992) Êtes-vous d’accord que cette déclaration s’applique à L’enterrement d’Ève? Y retrouvez-vous cette force subtile, voyez-vous les effets d’une démarche artistique rigoureuse et savourez-vous les possibilités de jeu élégant?
Références

(anglais) Auteur inconnu. First Person Plural. Annonce de symposium. Winnipeg Art Gallery, Winnipeg, Manitoba. Capté sur Internet le 7 mai 2008 de: http://www.mawa.ca/archives/Firstpp/firstper.html

(anglais) Baert, Renee. ‘Objects in Advance of the Concept.’ Canadian Art, 1992.

(anglais) Black, Anthea (Director). 20 Years of Contemporary Art, Gossip and Lies: 1985- 2005 at Stride. Catalogue d’exposition. Stride Gallery, Calgary, Alberta. 2005.

(anglais) Diagonales Montréal. ‘Martha Townsend.’ Parachute magazine, Montréal, 1992.

(anglais) Fraser, Ted. Artifact: Memory and Desire. Catalogue d’exposition. The Gallery Stratford, Stratford, Ontario, 1989.

(anglais) Gagnon, Monika. ‘From the Silence of Noise, Plural, to The Silence of Order.’ C Magazine, printemps 1986 #9.

(anglais) Grenville, Bruce. Toward a History of the Found Object. Catalogue d’exposition. Mendel Art Gallery, Saskatoon, Saskatchewan, 1990.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning