Tout sur Ève

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Robe, les chevilles croisées
description

Robin Laurence dit de Falk et de son oeuvre qu’« il est difficile de séparer ce que fait Falk de ce qu’elle est. Sa demeure, son jardin, ses amis, ses animaux de compagnie, son mobilier, ses rituels quasi-religieux au sujet de la nourriture et de la boisson se retrouvent dans sa pratique artistique - et vice-versa. Au-delà de leurs dimensions festives, les images de Falk comportent un côté sombre. Son art traite autant de la mort et de la perte que de la magnifique floraison de la vie; la dissolution et la ruine y côtoient la régénérescence. Son œuvre démontre que ces oppositions composent la vie elle-même : vie et mort, lumière et ombre, abondance et rareté, beauté et laideur, croissance et décomposition.». Et des objets ordinaires, elle ajoute que « leur banalité devient belle, ou terrible, ou les deux. » (Laurence, 2000)

Robe, les chevilles croisées est une des six sculptures que Falk a réalisées pour l’exposition Traces: An Installation à la Equinox Gallery de Vancouver (Colombie-britannique) en 1998. Cette exposition marque le retour de l’artiste à la sculpture après vingt-deux ans et montre l’intérêt continu qu’elle porte à représenter l’être humain par des vêtements. Robin Laurence décrit ainsi les formes vestimentaires dans l’exposition: « Falk envisageait des sculptures de robes avec, dans les ourlets, de petites étagères sur lesquelles on verrait divers articles féminins. Consciente que ses images étaient trop grandes pour être exécutées en argile, Falk décide de se servir d’un matériau humble et inattendu, le papier mâché. En construisant à la main ses formes à l’aide de couches de papier journal et de cellulose liquide, puis en les peignant et en en vernissant la surface, elle imprègne ce matériau peu glorieux de la douceur, de la sensualité, et du mouvement ondulatoire de la chair. Son coup de pinceau souple lui permet de faire ressortir les ombres et les reliefs. » (Laurence, 2000)

Laurence ajoute que « la fiction que Falk a inventée pour expliquer les robes est que chacune des six robes a été trouvée dans un placard, dans un endroit différent du pays, non pas pendue à un cintre mais debout sur le plancher. Même si elle n’est pas totalement arrondie, la robe a gardé les contours en relief ou les traces d’un corps de femme. Falk imagine que certaines de leurs propriétaires sont mortes, que d’autres sont parties, laissant derrière elles leurs vêtements. La perte et l’abandon sont donc encodés dams ces vêtements, comme ils l’ont été avant dans des fauteuils vides, ou des vêtements et souliers d’hommes. » (Laurence, 2000)

Dans la rétrospective de 2002 de l’oeuvre de Falk, on pouvait voir sur le grand mur derrière Robe, les chevilles croisées un assemblage de sérigraphies en noir et blanc de la petite photo des chevilles croisées qu’on voit sur la sculpture. Robin Laurence commente qu’« ici, Falk médite, avec candeur, affection et un de scepticisme, sur les aspects de sa propre identité féminine et sur celle de ses amies. » (Laurence, 2000)

Sur les questions de féminité, d’attentes des femmes et sur Falk elle-même, le critique James-Jason Lee observe qu’après avoir vu la rétrospective 2000 qui a circulé à travers le Canada pendant deux ans, « il y a deux sortes de tatillonnes. L’une est la femme exagérément délicate dont la vie est définie par les interdits de la féminité – où certaines choses ne se font pas, où les bonnes manières sont une camisole de force. L’autre type, c’est la femme obsédée par les conventions, la manière correcte de faire les choses. Rappelez-vous cette amie d’enfance qui vous forçait à vous asseoir et jouer à la dînette de la bonne façon? Cette tatillonne a tous les signes extérieurs d’une petite fille douce mais possède un coeur d’acier. La rétrospective révèle que Falk, l’artiste, est dans cette dernière catégorie. » (Lee, 2000)

La robe qu’a faite Falk suggère un corps de femme qui ne correspond pas aux idéaux de notre société. Comme l’écrit Regina Haggo, « Elle nous rappelle que la société contemporaine est obsédée par l’apparence des gens et ne fait pas cas de leur vie intérieure. » (Haggo, 2002)

additional resources Matière à réflexion
  • Robin Laurence dit que « Falk est une chrétienne dévote qui s’oppose à une interprétation religieuse précise de ses images. » (Laurence, 2000) Regardez des exemples des oeuvres de Falk (vous en trouverez dans la section Liens du site Web). Pouvez-vous voir des liens quelconques avec ses croyances religieuses ou spirituelles?
  • Falk a rempli tout un mur de sérigraphies montrant les chevilles croisées qu’on retrouve dans sa sculpture Robe, les chevilles croisées. Est-ce qu’on donne plus de force à une image si on la répète de nombreuses fois?
  • « C’est un mythe de croire que ce que je fais est follement amusant, ou facile. Aucune personne qui a toute sa raison ne se donnerait autant de mal à moins d’y être poussée par des forces qu’elle ne peut contrôler. » (Falk, 1977) Êtes-vous d’accord avec cette déclaration de Falk? Pouvez-vous la comprendre?
  • En 2001, une grande partie du personnel du Musée des beaux-arts du Canada a fait grève. C’était au moment où étaient exposées les sculptures de chaussures rouges de Falk (red shoe sculptures). Les grévistes se sont servis de cette image comme symbole de leur dispute. Falk a vu ce geste comme un compliment et, comme le déclare Paul Gessell, « Les gréviste, tout comme Falk, sont parvenus à tourner la chaussure rouge en une sorte d’icone et d’exemple parfait de la vie imitant l’art. » (Gessell, 2002) Pouvez-vous pensez à d’autres exemples où la vie imite l’art?
  • « Falk est une activiste qui croit que nous sommes directement et sans arrêt responsables du monde qui nous entoure. » Barnard, 2001) Êtes-vous activiste? Qu’est-ce qui est important pour vous?
  • Falk déclare en 1986 : « Je n’ai pas l’intention de faire passer des messages dans mes oeuvres mais pourtant j’en reçois souvent de mes oeuvres. Parfois le message parle de célébration; parfois, il parle de quelque chose qui blesse ou qui est dangereux. » (Falk, 1986) Essayez-vous de faire passer des messages dans vos oeuvres ou bien trouvez-vous des messages en faisant vos oeuvres?
  • La «robe» de Falk n’est pas à la mode. Elle a un style rétro. Quel est votre style ? Suivez-vous la mode? Est-ce important pour vous?
  • Qu’est-ce que Falk sous-entend au sujet des femmes de son époque en présentant la robe d’une femme des années 1940 ou 1950, les chevilles croisées?
  • Regina Haggo écrit: « Avec Gathie Falk, on s’attend à l’inattendu. Elle a décrit certaines de ses oeuvres comme des “ créations de l’imagination qu’on reçoit comme des crottes d’oiseau qui nous tombent dessus, sans qu’on s’y attende ou qu’on le mérite." » (Haggo, 2002) Avez-vous déjà eu des intuitions inattendues au sujet de votre oeuvre ou de votre vie? Un déclic?
  • Discutez des manières et des coutumes. Les attentes des femmes ont-elles changé au fil des ans ?
  • Quand on a demandé à Falk ce que voulait dire son oeuvre, elle a répondu, avec fougue que « Pour moi, expliquer un de mes tableaux, c’est comme faire un voyage dans l’inconnu dans un bateau qui fuit avec un capitaine aveugle… En tâtonnant dans le noir, je trouve de temps en temps des balises qui suggèrent ce que veut dire mon oeuvre… Si mes balises ne vous suffisent pas, lancez vous-même votre propre bateau et cherchez-en d’autres. » Que pensez-vous de cette déclaration ?
Références

(anglais) Barnard, Elissa. ‘Extraordinary Ordinary.’ Sunday Herald, juin 2001.

(anglais) Enright, Richard. ‘The Thing In the Head That’s There.’ Border Crossing, 1993.

(anglais) Falk, Gathie. Clay as Sculpture. Catalogue d’exposition. Alberta College of Art and Design Gallery, Calgary, Alberta, 1977.

(anglais) Gessell, Paul. ‘Veneration of the Ordinary.’ The Ottawa Citizen. 31 janvier 2002.

(anglais) Haggo, Regina. ‘Falk Enhances Our Experience of Èveryday.’ Hamilton Spectator, 20 avril 2002.

Laurence, Robin. Gathie Falk: Themes and Variations. Catalogue d’exposition. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (Ontario), 2000.

(anglais) Lee, James-Jason. ‘An Apple A Day Keeps the Critics Away.’ Border Crossings, 2000.

(anglais) Maies, John Bentley. ‘Christian Faith Permeates Work of Art Angel Falk.’ The Globe and Mail, samedi 24 mars 1990.

(anglais) Miliokas, Nick. ‘Falk Has an Eye For Details.’ Regina Leader Post, 1er octobre 2001.

(anglais) Scott, Michael. ‘Falk the Enigma.’ The Vancouver Sun, 4 mars 2000.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning