C’est dans la nature des choses de se détériorer : le métal se rouille, les photos s’altèrent, la peinture s’écaille et le bois se fend et pourrit.

C’est souvent une situation qu’on accepte parce qu’elle fait partie de la nature. Si nous avons une chose usée, nous la transformons en quelque chose d’autre et ne la jetons qu’en dernier ressort. Cependant, lorsqu’il s’agit d’une œuvre d’art unique et de grande valeur – souvent de valeur inestimable – cela n’est pas une option.

C’est ici qu’intervient le restaurateur. La restauration, aussi appelé conservation, est un secteur très important dans tout musée ou galerie d’art. Mais elle est surtout importante pour les institutions publiques comme la Mendel Art Gallery et la MacKenzie Art Gallery qui constituent des collections d’œuvres d’art et les gardent pour que le plaisir et l’éducation du public actuel et futur.

Il arrive parfois qu’une œuvre d’art soit endommagée par accident au cours de son transport ou encore, rarement, lorsqu’elle est exposée. Souvent, une pièce a besoin d’attention simplement à cause du passage du temps. De toute façon, le genre de travail de restauration dépend de l’objet, de la façon dont il a été fabriqué et même, de l’intention de l’artiste.

 

Brian James - Ozone

Prenons comme exemple Ozone, une œuvre de Brian James présentée sur ARTSask.

Créée sur une feuille d’acier de quelques millimètres d’épaisseur, Ozone est une œuvre grande et lourde. Sa surface de métal a été couverte d’images faites de pastels et de peinture. Si on la compare à des huiles sur toile, cette pièce semble indestructible. Malgré cela, sa surface change lentement; la surface en acier commence à rouiller en certains endroits, ce qui altère non seulement les espaces vides mais noircit la surface sous les formes peintes.

Comme toute œuvre d’art, une toile exige un ensemble de circonstances idéales pour durer longtemps. Ce sont les « conditions environnementales » : températures pratiquement constantes, taux d’humidité précis et absence de poussières, d’huiles et de substances en suspension dans l’air.

Or, les conditions environnementales idéales pour un tableau ne sont pas nécessairement appropriées pour une pièce en métal. D’habitude, un artiste protège une œuvre en métal avec une couche chimique colorée ou incolore. Revêtir l’œuvre de vernis ou d’époxy protège le métal contre l’humidité et prévient la détérioration.

Quand James a construit Ozone, il a délibérément choisi de ne pas la protéger afin qu’elle se détériore. Ainsi que le suggère le titre, Ozone a comme sujet la qualité de l’air, la détérioration d’une substance et le concept d’exposition à l’environnement et de la conservation. Y a-t-il une meilleure façon de représenter cette métaphore que d’employer un matériau qui semble imperméable aux éléments mais qui se désintègre lentement?

Il est évident que le rôle le plus important du restaurateur est d’assurer la survie de l’œuvre d’art. Mais le restaurateur doit aussi s’assurer de ne pas « intervenir » en apportant des changements dans l’œuvre d’art. Cela peut sembler curieux, mais si le restaurateur peut faire des réparations à une œuvre, toute modification qu’il pourrait y apporter pourrait être interprétée comme une transgression du droit d’auteur de l’artiste.

Le travail du restaurateur est donc d’interpréter correctement l’intention de l’artiste – parfois avec l’aide du conservateur ou, dans le cas où il ne serait pas disponible, de l’artiste lui-même – dans le but de conserver l’œuvre tout en effectuant des changements qui respectent la vision de l’artiste. Dans de tels cas, le restaurateur doit procéder avec doigté. D’un côté, s’il ne respectait pas la volonté de l’artiste, cela causerait la mort conceptuelle de l’œuvre d’art; de l’autre côté, s’il négligeait la nature matérielle de l’œuvre, cela entraînerait sa destruction physique.

Pour un exemple de nature semblable, voir la bataille de l’artiste Peter von Tiesenhausen au sujet des changements à son œuvre d’art : (anglais) http://www.canada.com/edmontonjournal/news/business/story.html?id=a271ed7f-d512-4a26-9b32-226ba7bfb1ea&k=3

Eve Kotyk - La chambre forte
Things To Think About

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  • Pouvez-vous trouver d’autres exemples d’œuvres d’art qui auraient besoin de réparations sur le site ARTSask? Y a-t-il des œuvres où la détérioration est voulue par l’artiste?
  • Pourquoi est-il si important de préserver une œuvre d’art? Quelle est la valeur d’une œuvre qu’un restaurateur tente de conserver en la gardant en parfaite condition?
  • Quels sont les défis auxquels les restaurateurs de la Saskatchewan font face? Y a-t-il des problèmes particuliers à conserver des œuvres d’art dans leur condition d’origine dans un climat comme le nôtre?
  • À quels problèmes un restaurateur serait-il confronté dans le cas d’une sculpture publique placée à l’extérieur? Quelles solutions envisagez-vous?
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