William John James

About the Artist

William John James est née en 1870 près de Fordwich (Huron County) en Ontario. Sa famille s’était d’abord installée à Perth (Ontario) où son père était forgeron (blacksmith) et avait aussi un atelier de construction mécanique. Mais à la suite d’un profond désaccord avec son associé, James père s’installe dans le comté d’Huron.

Le père de William James est aussi le premier de sa famille à connaître l’Ouest canadien, s’étant enrôlé dans l’expédition de la rivière Rouge de Lord Wolseley (Lord Wolseley’s Red River Expedition) en 1870, tout juste après la première rébellion de Louis Riel (Riel Rebellion). Il retourne à Fordwich à temps pour l’arrivée de son premier fils, William.

Ce dernier tient de son père dont il semble avoir hérité le caractère impétueux. À l’âge de 19 ans, il décide de s’installer dans ce qui est encore connu sous le nom de Territoires du Nord-Ouest (qui comprennent à l’époque le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, le Yukon et le Nunavut, ainsi que les Territoires du Nord-Ouest actuels) et choisit probablement Prince Albert à cause de son industrie forestière. Pendant son adolescence, il avait travaillé dans une scierie à  Fordwich et pensait trouver un emploi du même genre à Prince Albert. Plus tard, la petite-fille de James écrira : « Je ne sais pas pourquoi W.J. est parti dans l’Ouest, à part, évidemment, le fait que la maladie de la bougeotte le prenait de temps en temps sa vie durant. » (Silversides, 1986)  James s’est, apparemment, fait à la communauté où il travaille à la scierie de James Sanderson. Sa famille le rejoindra en 1893 et son père travaillera aussi chez Sanderson jusqu’à sa mort en 1911.

James quitte éventuellement son emploi à la scierie et est barbier quelques temps, apparemment sans grand succès. Il semble s’être mis à la photographie dès son arrivée à Prince Albert puisqu’on a retrouvé une photo qu’il a prise de l’arrivée du premier train dans la ville, en septembre 1890. Son biographe, Brock Silversides, fait la remarque que la photo « … semble être de qualité professionnelle, et on peut se demander si, malgré le fait qu’il n’y avait pas de photographe à Fordwich dans les années 1880s, James n’a pas été apprenti à un moment donné. » (Silversides, 1986)

Fin 1894, James et le photographe itinérant W. J. Jackson deviennent partenaires et ouvrent un studio de photographie et un salon de coiffure pour hommes dans le même endroit. À prime abord, cela semble être une combinaison bizarre mais il est fort probable que le seul moment où un pionnier prend un bain et se fait couper les cheveux est quand il se fait prendre en photo.

Le partenariat ne dure qu’une année. Ensuite, on perd un peu la trace de James  pendant plusieurs années. Il continue à faire de la photo sporadiquement, sous son propre nom ou pour City Art Studio. En 1900, il ouvre le salon de coiffure Phoenix Barber Shop and Bath House près de son studio.

À une époque, il cède le contrôle de ses affaires à un certain Samuel Gray. Ce dernier le présente à son meilleur ami, Theodore Charmbury, apprenti photographe à Aldershot (Angleterre). James offre un contrat de deux ans à Charmbury, lequel accepte. Cela sera une heureuse collaboration. James a la ténacité du pionnier et connaît bien le pays. Quant à Charmbury, il connaît l’histoire et le côté artistique de la photographie. 

Le fait qu’il y ait un photographe professionnel dans le studio permet à James de voyager pour trouver de nouveaux débouchés en profitant des événements spéciaux qui se déroulent dans d’autres endroits. James voyage en bateau à vapeur sur la rivière Saskatchewan Nord (North Saskatchewan River), en train (Qu’Appelle, Long Lake and Saskatchewan Railway) et même en diligence, allant jusqu’à Battleford à l’ouest, à Green Lake au nord, à Mistatim et à Wakaw, au sud. Il fait plusieurs arrêts en se rendant à Saskatoon. Il fait régulièrement la tournée des scieries et des sociétés d’exploitation forestière de la région.

Charmbury quitte son emploi une fois son contrat expiré mais ils restent amis. Prince Albert traversant une crise économique en 1918, il quitte Prince Albert pour Saskatoon.  En raison du départ de Charmbury et du mariage de James avec Maudie Courtney en 1904, ce dernier voyage beaucoup moins. Les Courtney sont des fermiers et éleveurs prospères, au sud de Prince Albert. Les époux James auront quatre filles. Mme James travaille au studio de photographie. En 1920, elle est elle-même photographe selon les registres. 

Le studio de James survit à la crise mais les affaires ne seront jamais florissantes. L’échec du projet des chutes de La Colle (La Colle Falls project) mène la communauté de Prince Albert à la faillite et ce sont surtout les petites entreprises comme celle de James qui en paient le prix. En 1919, il ne peut plus payer ses impôts fonciers et doit vendre son commerce. Toutefois, en 1927, la région voit un nouvel afflux d’arrivants et James rouvre son studio, cette fois-ci avec sa plus jeune fille, Norma, comme employée et photographe. Elle travaillera avec son père jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite dans les années 1930. James décède d’une crise cardiaque en 1944.


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