Nancy Spero

About the Artist

“You snake, I ate the true belief
Good Lord that fruit inside of me
Oh Adam, please, you must believe
That snake put it in front of me”
PJ Harvey –Snake

Toi le serpent, j’ai mangé la vraie croyance
Mon Dieu, ce fruit qui est en moi
O Adam, s’il te plaît, tu dois croire
Que ce serpent l’a mis devant moi (Trad.libre)

L’artiste américaine Nancy Spero naît à Cleveland (Ohio) en 1926. Dans sa vingtaine, elle fréquente la prestigieuse School of Art du Chicago Art Institute. Elle y obtient son diplôme en 1949 et poursuit ses études pendant un an à l’École des beaux-arts de Paris.
Spero est reconnue pour sa façon d’illustrer les femmes et les familles. Elle les représente d’une manière qui dérange ou subvertit les discours dominants. Le thème de la mère et l’enfant apparaît souvent dans ses premières œuvres des années cinquante. C’est un thème courant dans l’histoire de l’art occidental et Spero suit en ce sens les traces de da Vinci et de Picasso. Alors que ce thème est habituellement traité de façon exaltée, les œuvres La Mère et l’enfant de Spero sont sombres, floues et les personnages des titres sont à peine visibles, couverts d’un brouillard huileux. Spero se méfie de l’attitude des hommes envers les femmes et des mauvais traitements qu’ils leur ont fait subir tout au long de l’histoire. Cela est évident dans son travail artistique féministe. (Voir par exemple Nancy Spero à Artnet, Mother and Child (1)).

Spero et son mari, l’artiste Leon Golub, ont vécu en Italie de 1956 à 1957. Pendant ce temps, elle commence à s’inspirer des représentations du corps humain faites par les Romains et à intégrer l’esthétique de ces œuvres anciennes dans ses propres œuvres. Elle découvre aussi l’espace vide dans les œuvres anciennes et on le retrouve dans ses dessins et ses gravures des années cinquante.

Pendant les années soixante-dix, alors que le féminisme américain prend vraiment son essor, Spero se met à l’étude du traitement fait aux femmes au cours de l’histoire. Spero retournera à ce thème plus tard dans sa carrière mais elle ajoutera alors à ses œuvres une sensibilité minimaliste. On peut voir dans ces images plus récentes une plus grande importance du tracé (ligne) et de l’espace vide (vierge). Birth (Naissance) 1981, en est un exemple : une composition épurée représentant des serpents à la tête humaine s’approchant d’une mère sur le point de donner naissance pendant qu’à peine visible dans un coin, un déesse assise observe la scène. (On peut voir La naissance (Birth) sur Artnet.)

C’est vers la fin des années quatre-vingts, après la création de Déesse et Centaure (présentée ici) que Spero commence à élargir sa vision pour prendre en compte l’espace architectural que ses oeuvres occupent. Cette vision la mène à se servir de techniques de l’installation dans ses dessins et ses gravures, intégrant l’espace architectural dans les œuvres elles-mêmes. Les grandes surfaces que Spero voit sur les murs de la galerie lui permettent de créer des pièces qui tiennent compte de l’espace qu’elles occupent, qui dessinent de longs récits historiques sur la surface des murs et les imprègnent de sens.


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