Allen Sapp

About the Artist

Allen Sapp naît en 1929 dans la réserve indienne de Red Pheasant près de North Battleford en Saskatchewan. Il est un descendant direct du chef Red Pheasant qui a donné son nom à la réserve. Sapp est venu au monde sur le plancher de terre battue dans la cabane  de sa grand-mère, Maggie Soonias, qui avait pris charge de l’accouchement. Ce fut le début d’une relation profonde qui l’a grandement influencé. Sapp a représenté sa grand-mère dans de nombreuses peintures au cours de sa carrière.

Le grand-père de Sapp, Albert Soonias était un Aîné cri relativement prospère qui faisait l’élevage de bovins et produisait du foin et du blé. Pendant son enfance, Sapp travaille sur la ferme de ses grands-parents et passe beaucoup de temps avec eux parce que sa mère, qui souffre de tuberculose, est absente du foyer pendant plusieurs années.

Sapp était un enfant maladif et à l’âge de huit ans, il a souffert d’une grave maladie. Sa grand-mère a fait venir la guérisseuse qui a dit que si on voulait qu’il continue à vivre, on devait donner un nouveau sens à son être. Contrairement à la tradition crie, il n’avait pas encore reçu de nom et par conséquent, son âme avait de la difficulté à trouver une raison pour rester dans son corps. La nootakao (guérisseuse) apprit dans un rêve qu’il devait être nommé Kiskayetum, ce qui signifie « il le voit » ou « il le sait » (Newlands, 277). Ce nom lui fut donné pendant une cérémonie cri traditionnelle.

Sapp fréquente le pensionnat de la Première nation d’Onion Lake (Saskatchewan) pendant trois ans, jusqu’à l’âge de 12 ans.  Il n’apprend ni à lire ni à écrire, mais il dessine avec passion avec des morceaux de charbon, des bouts de crayons, de bois, d’écorce sur des bouts de papier. Timide et solitaire, Kiskaytum dessine la vie telle qu’il la voit. Après avoir quitté l’école, il travaille sur une ferme et sa grand-mère continue de l’encourager à dessiner et à peindre.

La mère de Sapp décède en 1942.  Il épousera plus tard Maggie Paskimin de la bande Sweetgrass. Sapp et sa femme s’occupent de ses grands-parents jusqu’à leur mort. En 1961, le couple s’installe à North Battleford où il se lie d’amitié avec Eileen Berryman, la propriétaire d’un magasin de fournitures pour artisanat et bricolage qui lui fournissait son matériel d’artiste.

Il vit de l’assistance sociale pendant quelques années et vend ses peintures dans la rue ou en faisant du porte-à-porte pour aussi peu que 5$. En 1966, Berryman dit à Sapp qu’il y a un médecin qui veut voir ses peintures. Sa rencontre avec le docteur Alan Gonor, un médecin de la région, est un point tournant dans la vie de Sapp. Gonor achète de ses œuvres et lui propose ensuite un marché : Gonor achètera et vendra toutes les peintures que Sapp produira s’il renonce à l’assistance sociale. Sapp accepte et leur relation continue jusqu’à la mort de Gonor en 1985.

Avant sa rencontre avec Gonor, les oeuvres de Sapp n’avaient aucun lien avec la façon dont il avait été élevé ni avec son héritage culturel. Donc, si quelqu’un voulait une peinture de montagnes, Sapp peignait des montagnes. Gonor prend des dispositions pour que Sapp se rende à Saskatoon pendant les fins de semaine pour prendre des leçons auprès Wynona Mulcaster, professeure d’art à l’Université de la Saskatchewan dont les œuvres sont présentées dans le thème Coexistence de SASKArt. Gonor et Mulcaster encouragent Sapp à peindre ce qu’il connaît et ce dont il se souvient de sa vie sur la réserve. Sapp dira plus tard, dans son autobiographie dictée,  « I Heard the Drums », qu’il s’agissait d’écouter « les voix de nos ancêtres qui nous parlent de notre passé glorieux, de notre culture et de ce que signifie être Indien. » (Brennan, 2007)

La carrière de Sapp démarre rapidement. En un peu plus d’un an, il a six expositions couronnées de succès, dont une en Angleterre et une autre en Californie.  Sa première exposition a lieu à Saskatoon dans le jardin de Mulcaster et ses 30 tableaux sont vendus. Un an plus tard, son exposition solo à la Mendel Art Gallery attire 13 000 personnes et les 60 tableaux exposés sont tous vendus.

La reconnaissance critique suit la reconnaissance publique. On loue l’intemporalité de ses œuvreset sa sensibilité aux nuances de la nature dans ses paysages des prairies. Il y a cependant une controverse parmi les critiques. Son ami Bob Boyer, lui aussi artiste autochtone, n’est pas prêt à accepter que tout ce qu’avait fait Sapp avant de connaître Gonor était de l’ « art bon pour les calendriers ».  Dans un essai pour l’exposition rétrospective de 1995 présentée par la MacKenzie Art Gallery à Regina en Saskatchewan, l’artiste et critique Alfred Young Man affirme que Gonor était « un complice passif dans la représentation de Sapp comme une curiosité anthropologique, un primitif, un noble sauvage. » (Dafoe, 1995)

Peu importe le débat critique, les peintures de Sapp, vont droit au cœur de ceux qui les voient. Avant sa mort, le docteur Gonor avait travaillé avec la ville de North Battleford afin de rénover un vieil édifice qui avait abrité la bibliothèque dans le but d’y loger la collection de 80 peintures de Sapp qu’il avait achetées.  Cela a constitué le noyau de la Allen Sapp Gallery – The Gonor Collection qui a ouvert ses portes en 1989. C’est probablement le seul musée au Canada consacré à un artiste vivant.

Lors de l’ouverture du musée, Wynona Mulcaster souligne qu’elle a été davantage une facilitatrice qu’une enseignante quand elle a montré à Sapp la différence entre faire des dessins et faire de l’art. « Il possédait déjà tout.  Je pense que je l’aidé à faire sortir ce qui était en lui. On ne peut enseigner l’art pas plus qu’on peut faire pousser des roses. On peut préparer le sol. C’est la rose qui pousse. Et j’ai essayé de préparer le sol pour Allen. » (Brennan, 2007)

Sapp est officier de l’Ordre du Canada, il a reçu le Saskatchewan Order of Merit et a été le récipiendaire de prix pour l’ensemble de ses réalisations du programme des Prix nationaux d’excellence décernés aux Autochtones ainsi que du Saskatchewan Arts Board. Il a aussi reçu un doctorat honorifique (Doctor of Laws) de l’Université de Regina.


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